La Vérité vous rendra libres!

Prière pour mes internautes

Pour vous mes chers amis :


Dieu notre bon Père, je te demande de bénir mes ami(e)s, parents, frères et soeurs, mes collaborateurs et tous ceux et celles qui lisent ceci maintenant.
Montre-leur une nouvelle révélation de ton Amour et de ton Pouvoir. Ainsi
soit-il !

AFRICA

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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /2009 23:12

Blague 3
 
Un maître pose cette question à ses élèves en classe de CE1 :

"Celui qui a le rhume comment le qualifie-ton ?

Petit Yao répond : il est enrhumé.

Bien dit le maître et celui qui a la toux ?

Petit Yao répond encore : "Il est entouré".
Par Batin - Publié dans : Histoires drôles ! - Communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /2009 23:10

Blague 2
 
Le dernier et l'avant dernier de la classe se disputent après le classement du maître..

Le dernier prétend être plus intelligent. Pour le prouver, il pose cette question à l'avant dernier :

"Combien font 2+2 ?

Celui-ci répond 22.

Le dernier lui dit : "Ah bon, je pensais que tu ne connaissais pas" !!!!!!

Par Batin - Publié dans : Histoires drôles ! - Communauté : Que de l'humour
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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /2009 23:08

Blague 1
 
Quatre fiers amis se retrouvent pour donner les raisons de leur fierté.  

- Le 1er dit : Je suis fier d'être américain parce que rien en ce monde ne se passe sans que la CIA ne le découvre".
- Le 2è dit : je suis fier d'être marocain parce qu'on a les meilleurs tapis au monde.
- Le 3è : je suis fier d'être italien parce qu'on a les plus belles femmes de la terre.
- Le 4è : je suis fière d'être ivoirien parce que j'ai mougou une go italienne sur un tapis marocain sans que la CIA ne le découvre !

 

Par Batin - Publié dans : Histoires drôles ! - Communauté : Humour de tout genre
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 01:24

I.              Dans la société civile

Il est bien vrai que beaucoup de bonnes choses sont faites dans la société civile burkinabè. Il y a des politiciens honnêtes qui se battent jour et nuit pour le bien commun et pour que la cité ne tombe pas. Des chefs de service qui se donnent corps et âme à leurs tâches et se soucient vraiment du sort de leurs employés. Il y a bien des hommes de bonne volonté qui ont une confiance inébranlable en l’homme.

Cependant il reste encore beaucoup de défis à relever dans le sens de tendre perpétuellement vers le bien. Le présent travail, sans prétendre donner toutes les solutions aux maux dont souffre la société burkinabè actuelle, veut montrer le grave devoir qu’a l’homme de s’efforcer à ressembler au mieux à son créateur qui est Dieu et interpeller vivement l’homme afin qu’il se donne dans le sens du bien, du vrai, en enfant de Dieu.

 I.1                   Sur le plan politique

Un éminent professeur d’Université n’a pas hésité à dire que la «politique en Afrique [est une] perpétuelle persécution de la vérité »[1]. Quelle affirmation ! Mais une affirmation vraie, en ce sens qu’elle correspond à la réalité dans bien de pays parmi lesquels le Burkina trouve sa place. Au Burkina Faso, on peut sans exagérer reconnaître que des autorités gouvernantes qui devraient aider le citoyen à s’épanouir se transforment quelquefois en bourreaux, levant haut le sabre pour frapper celui qui ne se lance pas dans leur danse. Des opposants politiques pendant longtemps ont subi d’ignobles sorts[2] ; les journalistes n’ont pas comme dans les autres pays une liberté d’expression[3] ; et les étudiants ont intérêt à se taire[4] et d’innombrables irrégularités sont partout présentes[5]. 

Cette ambiance nationale, à n’en pas douter, a créé la panique générale dans l’esprit de plusieurs Burkinabé, y compris bon nombre de chrétiens catholiques.

Tout cela, ajouté à la peur de l’autorité que les coutumes royales du pays imposent, a fini par avoir raison de plusieurs consciences, les détournant de la voie de la vérité. Et voici ce qu’affirme en définitive en 2006 un jeune journaliste Burkinabé de 32 ans : « C’est difficile. Tu sors aujourd’hui, tu sais que si tu te courbes, on te nomme directeur quelque part. Tu restes sur ta position, ta vieille P50 va te conduire dans les rues de Ouaga jusqu’à ce que tu crèves… les gens ont compris qu’il faut rentrer dans le système et tu avances. Aujourd’hui, tout ce qu’on te demande, c’est de faire comme les autres »[6]. Le ‘‘tu te courbes’’ et le ‘‘faire comme les autres’’, c’est l’ensemble de ces pratiques qui, soutenant le libertinage des autorités au pouvoir, arrivent à soustraire à l’homme sa liberté et sa dignité, pour ne lui laisser que la seule et lamentable préoccupation de garnir son ventre et sauver sa peau. Autrement, pour jouir des avantages citoyens, il faut être au service du pouvoir, c'est-à-dire être un ‘‘pion’’ à sa disposition pour cacher ses laideurs et pour œuvrer même indignement en sa faveur[7]. Il n’y a plus de référence morale et les chrétiens ne sont malheureusement pas du tout en dehors de ce sinueux décor. Le Christ, en mourant pour nous, nous montre son amour. Et cet amour appelle l’homme à être libre d’une liberté qui a sa source dans la vérité de son être et de son agir. Les contraintes qui empêchent cette réalisation empêchent du même coup l’avènement du salut de l’homme.

I.2                   Sur le plan professionnel

Comme une suite logique de ce qui se fait sur le plan politique, dans le domaine professionnel, une incommode situation demeure également.

 

I.2.1                       Sur le plan professionnel étatique

On ne peut pas oublier l’effort de certains hommes politiques soucieux non pas de leur propre sort mais de celui de tout le peuple pour lequel ils usent leur vie. Il faut reconnaître cela et les en féliciter ; car c’est en cela aussi que prend sens la vérité.

Mais notons la présence de ce qu’on appelle couramment ‘‘affairisme’’ dans le pays. Cet affairisme qui consiste à acquérir des fonctions par relations interposées ou par corruption[8] constitue une situation incommode. Des postes qui devraient être occupés par Concours et sur la base de la qualité intellectuelle et du savoir-faire sont vendus. Conséquence, on a des hommes qui sont à des places où ils ne devraient pas être. Le bien commun devient l’avoir légitime d’un monarque. Le service de la nation est considéré comme une offre personnelle, et le dû du travailleur devient un don. Le sens du bien s’envole pour ne laisser sa place qu’au profit personnel égoïste.

Il est bien évident que le Christ est la personne qui n’a pas toujours cherché à favoriser ses amis qui le suivaient : il qualifie Pierre son ami de « Satan » (Mt 16, 23) et aux deux frères Jacques et Jean il refuse les postes qu’ils demandent : « vous ne savez pas ce que vous cherchez » (Mt 20, 22). La vérité dont témoigne le Christ et que tout chrétien doit rechercher empêche cette façon de donner ou de chercher du travail.

I.2.2                       Sur le plan professionnel privé

Bien d’employeurs prennent leurs ouvriers comme des frères ou comme leurs fils mais ils sont insignifiants devant le grand nombre qui ne connaît pas cela.

Ce qui est déplorable dans ce secteur est l’exploitation, souvent abusive, des travailleurs aux fins des entreprises. L’ouvrier est tenu de suivre bon gré mal gré les recommandations de l’employeur ; que ces recommandations soient bonnes ou non. Autrement, les employés deviennent des hommes à tout faire sinon ils perdent leur travail au profit d’un grand nombre de chômeurs aux aguets[9]. Les employés, à cause de la pauvreté se soumettent jusqu’au point où  ils perdent d’une façon plus ou moins consciente leur liberté et ne savent plus quelle est la valeur de leur dignité. Ou encore par l’habitude de supporter le mensonge comme un bien, ils en arrivent à mépriser la vérité pour ne rechercher que ce qui facilite le gain de plus en plus, même s’il faut dédaigner leur personnalité[10]. Comment peuvent-ils être sauvés dans une telle situation où leur conscience n’est plus maîtresse d’elle-même et où leur ligne de conduite morale au fur et à mesure ne saurait suivre objectivement ce qui est bien ?

 

  I.3                   Dans les domaines purement sociaux[11]

Qui hésiterait à reconnaître l’amour que les agents de la santé ont pour l’homme ? Personne ! Il convient bien de l’avouer. Et si plusieurs Burkinabè savent lire et écrire, penser et oser le développement du pays et de l’homme Burkinabè, on le doit à l’effort des enseignants.

Cependant, se limiter à affirmer cette vérité et minimiser les manquements serait une faute grave de la part de ceux qui voient.

I.3.1                       Dans les hôpitaux

Plusieurs hôpitaux sont devenus des lieux de grande corruption[12]. Aux urgences, bien souvent les malades sont sélectionnés par rapport aux ‘‘dessous de table’’. Des infirmiers et docteurs prescrivent des produits supplémentaires aux malades qu’ils vont récupérer pour vendre avec d’autres patients et non pour sauver la vie du patient qui les achète. Des patients sont intentionnellement orientés vers des pharmacies par intérêt non avoué. Des sangs de transfusion sont dérobés pour être vendus à d’autres patients et la liste des mêmes acabits n’est pas exhaustive[13]. Et voilà ce qu’affirme une infirmière prise en flagrant délit : «Que veux-tu ? Ce sont nos Business aussi»[14]. Et dans ce jeu, les patients et leurs parents ne disent rien soit à cause de leur malade qui est entre les mains des infirmiers, soit par simple peur. Et monsieur le directeur de l’hôpital Yalgado OUEDRAOGO en 2001 le reconnaît puisqu’il affirme que « si certains patients dénoncent les ‘‘rackets’’, beaucoup d’autres préfèrent se taire par peur du personnel soignant »[15] Alors, on peut légitimement se demander quel monde bâtit-on ?

 I.3.2                       Dans les écoles

Tout comme ailleurs, dans les écoles, beaucoup d’élèves sont surexploités injustement. Des filles font le ménage de leurs enseignants par contrainte et même se livrent à ceux-ci par peur. Des professeurs vendent des notes contre des soirées en compagnies galantes et utilisent des étudiants pour réussir leurs initiatives. Dans certaines écoles primaires, les cantines scolaires deviennent le magasin de ravitaillement des enseignants, des membres des Associations des Parents d’Élèves, de leurs amis et parents.

On pourrait être sûr que les chrétiens ne se démarquent nullement de ceux qui agissent de la sorte, et en sont souvent des acteurs inquiétants. Alors surgit cette question troublante : que se passe-t-il dans les familles ?

 I.4                   Sur le plan familial

La famille est la première responsable de l’éducation des citoyens[16] ; peut-on y déceler des germes de manque de vérité ? Il y a des familles dans lesquelles on trouve une joie de vivre et où les membres sont si bien éduqués que l’on penserait volontiers à un prélude du ciel à venir.

Cependant il y en a qui posent problème quant à l’harmonie qu’elles produisent. Il est nécessaire de se connaître assez bien avant de s’engager dans la vie de foyer. Peu de couples commencent sur cette bonne lancée hélas !  Et on constate un peu partout que les conjoints se trompent mutuellement en infidélité oubliant que « Plus l’amitié est vraie et de qualité, plus elle aide l’autre à grandir, à être lui-même »[17]. Sans cela, il est évident que ce qui pousse à être infidèle poussera également à être faux dans les relations familiales et sociales.

Si certains parents par négligence ne remplissent pas leurs devoirs de parents : nourrir, vêtir, soigner et loger ceux dont ils ont la charge, quels genres d’hommes peut-on donc attendre de leurs enfants ? Et il y a des parents qui s’affichent tellement en petits dieux qu’aucun enfant n’a le courage de dire souvent : « papa, ce que tu fais n’est pas bon, maman, ici ça ne va pas » prétextant la coutume des ancêtres qui préconise l’obéissance aveugle aux parents et qui les rend infaillibles à tout point de vue. Éduqués dans de telles circonstances, les enfants qui se forment par imitation finiront par considérer la fausseté comme une bonne chose, surtout quand les parents sont eux-mêmes des cas sociaux et des hommes ‘‘pas clairs’’. Si donc tout cela s’ajoute à la situation pestilentielle du mensonge dans la société, il est évident que les jeunes gens qui n’ont plus la claire vision de ce qui est vrai et bien se détournent de la voie de la vérité.

Il convient enfin de reconnaître honnêtement que bien de familles chrétiennes s’illustrent dans ce spectre obscur où mensonge et vérité ne semblent pas se distinguer  l’un de l’autre. Alors, que convient-il de faire ? Où trouver le lieu où il n’existe pas de truchement, de mensonge et où la liberté réelle et la dignité de l’homme lui sont données ? Peut-être chez les agents pastoraux, ces hommes de Dieu ?

 

 



[1] Huenumadji AFAN, « Politique en Afrique : perpétuelle persécution de la vérité », in RUCAO 24, (2005),     p. 53.

[2] MBDHP, Rapport sur l’état des droits humains au Burkina Faso, Période : 1996-2002, Imprimerie de l’Avenir du Burkina, pp. 30-59.

[3] Ibidem, pp. 71-75.

[4] Idem.

[5] Conférence épiscopale du Burkina Faso, Église Famille de Dieu, ferment du Monde Nouveau, Orientations pastorales post-synodales, Ouagadougou, 21 janvier 2001, n°36 précise que la société burkinabè « connaît les remous socio-politiques de la civilisation moderne et en présente les tares : violation des droits humains, injustice, détournements, violences de toutes sortes, crimes de sang et crimes économiques, corruption à grande échelle, impunité arrogante, mensonges,… »

[6] Mathieu HILGERS & Jacinthe MAZZOCCHETTI, « Burkina Faso : l’alternance impossible » in Politique Africaine, 101, (2006), p. 5.

[7] Le pape Jean-Paul II, dans son Encyclique Veritatis Splendor, sans parler spécialement d’un pays spécifique rappelle vivement que : « Dans le domaine politique, on doit observer que la vérité dans les rapports entre gouvernés et gouvernants, la transparence dans l'administration publique, l'impartialité dans le service public, le respect des droits des adversaires politiques, la sauvegarde des droits des accusés face à des procès ou à des condamnations sommaires, l'usage juste et honnête des fonds publics, le refus de moyens équivoques ou illicites pour conquérir, conserver et accroître à tout prix son pouvoir, sont des principes qui ont leur première racine - comme, du reste, leur particulière urgence - dans la valeur transcendante de la personne et dans les exigences morales objectives du fonctionnement des États. Quand on ne les observe pas, le fondement même de la convivialité politique fait défaut et toute la vie sociale s'en trouve progressivement compromise, menacée et vouée à sa désagrégation Ps 14,3-4 Ap 18,2-3; 18,9-24. Dans de nombreux pays, après la chute des idéologies qui liaient la politique à une conception totalitaire du monde - la première d'entre elles étant le marxisme -, un risque non moins grave apparaît aujourd'hui à cause de la négation des droits fondamentaux de la personne humaine et à cause de l'absorption dans le cadre politique de l'aspiration religieuse qui réside dans le coeur de tout être humain : c'est le risque de l'alliance entre la démocratie et le relativisme éthique qui retire à la convivialité civile toute référence morale sûre et la prive, plus radicalement, de l'acceptation de la vérité. En effet, " s'il n'existe aucune vérité dernière qui guide et oriente l'action politique, les idées et les convictions peuvent être facilement exploitées au profit du pouvoir. Une démocratie sans valeurs se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois, comme le montre l'histoire " » pp. 155-156.

[8] MBDHP, Op. cit., pp.165-172.

[9] « Un employé, ça ferme sa gueule ou ça se limoge» titre le journal Observateur Paalga du 23 Avril 2007 (Cf. http://barro.blog4ever.com/blog/lirarticle-66428-308009.html.)

[10] Vatican II, l’intégrale, Bayard Compact, Paris, 2002, dans  Gaudium et Spes, n°27, §3, note que « tout ce qui s'oppose à la vie elle-même, (…) ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable: toutes ces pratiques et d'autres analogues sont, en vérité, infâmes. Tandis qu'elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s'y livrent plus encore que ceux qui les subissent et insultent gravement à l'honneur du Créateur. » pp. 266-267.

[11] MBDHP, op. cit., p. 167 donne des informations intéressantes à ce sujet.

[12] Paul OUEDRAOGO, Le chrétien face à la corruption, le cas du secteur sanitaire dans la ville de Ouagadougou, Grand Séminaire Saint Jean-Baptiste, 2002.

Denis KABORE, Le phénomène de l’exploitation des malades, cas des structures sanitaires publiques de la ville de Ouagadougou, mémoire en théologie, Grand Séminaire Saint Jean, Ouagadougou, 2004.

[13] MBDHP, op. cit., p. 267.

[14] Idrissa OUEDRAOGO, in Observateur Paalga du 24 Avril 2001, p. 8.

[15] Idem.

[16] Jean-Paul II, Lettre aux familles, 1994 Année de la famille, Pierre TEQUI éditeur, Paris 1994 : le Pape y reconnaît qu’« est indispensable, le témoignage de toutes les familles » pour le redressement de la conscience morale et le rétablissement d’une liberté réelle de la personne. p. 10.

[17] Raoul BAZIOMO, L’amitié comme attitude fondamentale et lieu pertinent pour proposer Dieu aujourd’hui, mémoire en théologie, Grand Séminaire Saint Jean Baptiste de Wayalgê, Juin 1998, p. 36.

Par Batin - Publié dans : Pensée - Communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /2009 01:20

Chapitre I :   La vérité aux prises avec les comportements

 

Voici ce qu’affirmait le Pape Jean-Paul II dans son          encyclique Veritatis splendor : « Appelés au salut par la foi en Jésus Christ, ‘‘lumière véritable qui éclaire tout homme’’(Jn1, 9), les hommes deviennent ‘‘lumière dans le Seigneur’’ et ‘‘enfants de la lumière’’ (Ep 5, 8), et ils se sanctifient par ‘‘l’obéissance à la vérité’’ (1 P 1, 22).

Cette obéissance n’est pas toujours facile. A la suite du mystérieux péché originel, commis à l’instigation de Satan, ‘‘menteur et père du mensonge’’ (Jn 8, 34), l’homme est tenté en permanence de détourner son regard du Dieu vivant et vrai pour le porter vers les idoles (1 Th 1, 9), échangeant ‘‘la vérité de Dieu contre le mensonge’’ (Rm 1, 25) ; même la capacité de connaître la vérité se trouve alors obscurcie et sa volonté de s’y soumettre, affaiblie» [1]

Dans le présent chapitre, prenant le cas précis de notre pays le Burkina Faso, nous exposerons les situations que nous considérons comme obscurcissant la vérité dans quelques couches sociales et même dans la famille religieuse dont nous faisons partie. Car nous estimons que ‘‘la capacité de connaître la vérité’’ est flétrie et ‘‘la volonté de s’y soumettre’’, est même repoussante.

I.              Approche notionnelle

Pour que le feu de la vérité ne s’éteigne pas, nous nous prêtons à le maintenir parce que nous le sentons vaciller dangereusement sous les éteignoirs du mensonge. Mais de quelle vérité s’agit-il ?  La question n’est pas la reconnaissance d’une multiplicité de vérités mais plutôt un souci de précision de la vérité dont nous parlerons.

Et qu’entendons-nous par liberté et libération ?

 I.1                   La notion de v

 I.1.1                       Dans la pensée philosophique[2]

Dans la pensée philosophique, Nietzsche a trouvé que dans la recherche de la vérité, ceux-là mêmes qui la recherchent visent en fait la sécurité qu’elle procurerait. Ainsi, chez lui, la vérité devient utilitaire[3]. Le commerçant par exemple dira que la vérité est l’ensemble de tous les bons moyens qui lui permettent d’augmenter son avoir. Le politicien dira que la vérité c’est le respect et la promotion de son pouvoir… Mais la vérité ainsi définie perd sa valeur spécifique, elle n’existe que pour servir à quelque chose, à la représentation que notre esprit offre favorablement des choses.

Parlant de critères, plusieurs penseurs ont trouvé que : le vrai, c’est ce qui est cohérent. La cohérence se manifestant comme une succession logique d’énoncés comme dans le fameux syllogisme de Socrate : « tous les hommes sont mortels. Or Socrate est un homme. Donc Socrate est un mortel ». Bien que la cohérence soit un bon critère, elle ne peut empêcher de tomber dans l’erreur si l’affirmation de départ n’est pas vraie ; par exemple « tous les élèves d’une classe de troisième réussiront à leur examen. Or Philippe est un élève de la troisième. Donc Philippe réussira à son examen » ; n’est-ce pas oser une affirmation qui peut être radicalement fausse ? Ainsi donc, la cohérence ne garde sa valeur irréfutable que dans les sciences exactes uniquement.

D’autres penseurs croient que la vérité est la conformité avec le réel. Est donc vrai ce dont l’idée ou la description est conforme à la chose elle-même dans sa réalité. C’est la pensée de Kant, des Scolastiques et de Saint Thomas d’Aquin : « Adaequatio rei et intellectus »[4] (adéquation entre la chose et l’intelligence). Bien que cette approche soit appréciable, il convient de reconnaître que nous faisons la comparaison entre l’impression que les choses font à notre esprit et l’idée que notre esprit en forme. Donc d’une personne à une autre, cette impression et cette représentation de l’esprit peuvent différer, enlevant à la vérité son objectivité.

Descartes, quant à lui, nous propose l’évidence comme critère de la vérité.  Est évident, ce qui est indubitable, infaillible, ce qui ne veut pas dire parfait ; car ce qui est évident chez Descartes n’est pas donné au départ, mais après de longs efforts pour écarter au maximum les erreurs. Ainsi donc on s’aperçoit que la notion de vérité s’améliore considérablement. Mais, écarter le maximum d’erreurs revient à dire que l’esprit de l’homme ne peut pas atteindre la vérité limpide et parfaite. Reconnaître donc que l’esprit ne peut pas atteindre toute la vérité doit nous disposer  à accepter les limites de l’esprit de l’homme ; et cela aussi, c’est la vérité. Mais que nous dit la tradition africaine ?

I.1.2                       Dans la tradition africaine

Selon la tradition africaine, la vérité a plusieurs visages.

Est vrai ce qui est conforme à la coutume. Ce qui ne voudrait pas dire que tous les aspects de la coutume sont positifs et valeureux. La coutume est la table de la loi traditionnelle dans laquelle se trouve les normes et les valeurs culturelles et sociales[5]. Le respect de cette coutume et la vie selon cette coutume rend vraisemblablement compte de la vérité. C’est dans ce sens que le conte est vu comme un moyen d’éducation aux valeurs sociales : « les contes secrètent la substance du savoir-vivre et du savoir-être des Africains. A travers un personnage emblématique, le héros, incarnation des valeurs hautement positives de la société, le conte indique aux individus ce que doit être l’homme idéal, la femme idéale et l’enfant idéal. Ce n’est pas un hasard si les contes magnifient la bravoure, l’intelligence, la fidélité, l’amitié, la ruse et fustigent la lâcheté, la bêtise, la traîtrise et autres perversions. Les messages livrés sont d’autant plus explicites que les contes mettent en scène un univers manichéen où les bons finissent par triompher des méchants dans la majorité des cas »[6]. La parole des parents est aussi un moyen d’éducation de la conscience droite… Mais la modernité mal assumée semble dénaturer l’homme traditionnel si bien que les contes n’ont plus leur valeur éducationnelle ; le grand monde des média et le subjectivisme moderne semblent retirer la parole aux parents et laisser libre cours à la conscience de l’enfant qui se développe seule. Peut-on espérer un recours sérieux à rechercher le réel dans sa solidité première ?

Ensuite, est vrai selon la tradition africaine tout ce qui permet de garder solides les relations familiales. Le souci des hommes dans la tradition est très marqué par leur volonté de rechercher le bien-être familial. Dans cette perspective, tout ce qui favorise cette relation a valeur de vérité. La vérité dans ce sens consiste plus à rechercher une réussite de sa responsabilité, le bien-être de sa famille que la recherche d’une valeur objective sociale. Cela semble entacher l’homme traditionnel et même inconsciemment. Mais l’écoute des hommes des autres traditions que les mélanges culturelles offrent à notre monde n’interdit-elle pas de suivre aveuglement ce qui traditionnellement semble acquis et bon pour tendre vers le bien de plus en plus objectif ?

I.1.3                       Dans le sens biblique

Si dans la pensée philosophique la vérité est une qualité de l’intelligence, dans la pensée biblique, elle est le réel lui-même[7]. La première réalité étant Dieu lui-même « Je suis » (Ex 3, 14) et la deuxième réalité étant la créature telle que Dieu l’a faite, la connaît et la veut « il a tout créé pour l’être » (Sg 1, 14)[8]. Ces deux aspects (Dieu et sa créature) se rejoignent dans le primat du réel qu’on n’invente pas, que l’on cherche à connaître, que l’on respecte, auquel l’on se soumet, dans lequel l’homme entre sans jamais l’embrasser, le posséder. La solidité du réel et la fidélité à ce réel fondent la vérité biblique. Jésus Christ est donc la Vérité-même parce qu’il est la réalité-même de Dieu et il est aussi pleinement la réalité-même de l’homme créé par Dieu. Finalement, celui qui recherche la vérité c’est celui qui se conforme à l’image de Dieu en lui et vit non pas en inventant son monde mais en s’accordant au réel tel qu’il est, c’est-à-dire dynamique, solide et inchangeable.

I.1.4                       La vérité pour la modernité

Il semble que le subjectivisme depuis Descartes a donné lieu à une suprématie de l’homme en tant que sujet. Et aujourd’hui, on assiste comme à  la dictature du relativisme pour paraphraser le Cardinal J. RATZINGER[9]. Sur cet état de faits, disons avec Frédéric LOT que « une parole a autorité si elle est capable d’éclairer, de guider et de faire grandir. Or le relativisme dont notre société est profondément pénétrée, consiste à ramener toute parole au même niveau : aucune parole ne peut s’imposer au nom de la vérité car toutes les paroles auraient la même valeur. C’est dire finalement qu’aucune ne vaut. Selon cette conception il n’y a plus d’erreur ou de vérité, mais seulement des points de vue différents »[10]. Si le relativisme est l’une des formes les plus libérales de notre temps, le fait qu’on ne veuille plus vivre que par lui fait de lui une dictature. Ainsi, est devenu vrai ce qui plaît, ce qui est efficace pour soi, ce qui rapporte… Ou encore, est vrai ce qui se fait par tous (les sondages, l’opinion publique…) Autrement dit, la vérité c’est ce que la majorité pense et veut. Les jeux de sondages, de multiples marches de groupes ont permis par exemple à certains pays de légitimer l’homosexualité, d’accepter l’avortement, l’euthanasie, la reproduction in vitro…

L’autre face de la vérité est l’égalitarisme que proposent nos démocraties. Est vrai ce que chacun croit fermement l’être. Le point de vue d’autrui ne pouvant plus être une référence qui puisse contraindre, le laxisme acquiert une valeur de vérité ; et chacun fait comme bon lui semble et considère cela comme vérité.

 

 

Mais, pour ce qui est de notre travail, la vérité c’est le Christ à qui rien n’est caché et par qui tout est révélé. Avec lui, la totalité de la vérité est donnée puisque Dieu qui est Vérité se fait visible et dévoile tout ce qui était caché. Ainsi donc, nous recentrons la vérité dans toute son objectivité dans le Christ. Nous nous intéresserons non seulement à ce qui est à la fois cohérent et conforme à la réalité mais aussi à ce qui est évidemment clair et distinct. « Est ‘‘vrai’’ ce à quoi l’homme peut se fier, vers quoi il peut orienter sa vie »[11] ; Jésus Christ, Fils de Dieu et Médiateur entre Dieu et les hommes est pour nous cette référence, celui à qui peuvent se fier salutairement tous les hommes, celui vers qui tout homme peut orienter sa vie et ne jamais être déçu. En somme, il s’agira de tout ce qui conduit au bien, de la vérité morale comme adéquation, une adéquation non seulement entre la pensée et la réalité simple mais surtout une adéquation pour les chrétiens entre ce qu’ils sont et ce qu’ils annoncent, avec une plus vive interpellation aux agents pastoraux qui sont des exemples et des références à qui incombe en premier l’annonce de la vérité.

I.2                   La liberté et la libération

I.2.1                       La liberté

Pour plusieurs personnes, la liberté est l’autonomie ou l’indépendance ou encore la possibilité  absolue de faire ou de ne pas faire une chose.

Mais nous pouvons retenir que la liberté est une faculté ou une disponibilité à opérer un choix droit et judicieux dans les différentes situations. Ainsi la liberté est à l’esclave l’état contraire de son état de servitude et surtout du manque de choix dans ses initiatives.

Rejoignant Giorgio Campanini, nous pouvons reconnaître que « La caractéristique du chrétien est une triple liberté qui pourrait, avec Franz Böckle, être définie ainsi : liberté par rapport au péché (grâce à sa justification dans le Christ, l’homme devient libre de la soumission au mal) ; liberté par rapport à la loi (celui qui s’ouvre à l’Esprit est au-delà de la loi) ; liberté par rapport à la mort (l’amour de Dieu est pour toujours, la mort est donc définitivement dépassée : Rm 6, 21+) »[12]. La libération donc du péché, de la mort et de la loi donne au chrétien d’être au fond de lui-même disponible à se décider pour Dieu  dans l’amour et lui permet de passer de la loi qui fait peur à la loi d’amour qui porte vers Dieu et vers le frère sans contrainte. Cette liberté chrétienne n’est donc pas une libération de tout mais une libération des entraves aliénantes et un attachement aux liens plus valeureux. On devient esclave du bien et de l’amour.

I.2.2                       La libération

La libération quant à elle, si elle est « l’Action de rendre libre une personne prisonnière » ou « l’Action de délivrer un peuple de la servitude »[13] selon son entendement général, nous la posons dans notre travail comme délivrance de la servitude du mensonge, délivrance de la servitude de l’exploitation abusive et anormale des consciences par les plus forts et les plus influents pour des fins injustes et malsaines.  Jésus a été le combattant farouche de cette cause et il s’y est donné jusqu’à la mort et à la mort la plus infâme. La nuance entre liberté et libération, si on l’admet, est liée au fait que la liberté est une bonne disposition à réaliser quelque chose de bien et la libération est rédemption, c’est le salut, c’est une délivrance effective.

Il nous semble donc nécessaire de rendre à l’homme sa conscience morale pour qu’il puisse être capable de marcher dans la liberté ; et le chemin de la libération qui donne la liberté et la dignité, c’est la vérité.

 



[1] Jean-Paul II, La splendeur de la vérité, lettre encyclique Veritatis splendor du 06 Août 1993, Mame/Plon, Paris 1993, n°1, §2, p..4.

[2] Pour cette partie, nous nous sommes inspiré de Peter HENRICI, « Sophistique et philo-sophie », in Communion, XII, 4 (1987), pp. 16-31.

[3] Frédéric NIETZSCHE, Par delà le bien et le mal, Mercure de France, Paris, 1963, §192, p.123.

[4] François MARTY, « La vérité », in Revue « Philosophie » de l’Institut Catholique de Paris, 8,  (1983), p.110.

[5] Blaise BAYILI, Religion, droit, pouvoir et Politique au Burkina Faso, Les lyéla du Burkina Faso, L’Harmattan, Paris, 1998, p.182.

[6] Apollinaire Cécé KOLIÉ, « mensonge et vérité dans les contes africains », in RUCAO 24, (2005), pp.15-16.

[7] Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, BREPOLS, Paris 1960, article : ‘Vérité’, p. 1900 : la notion biblique de la vérité, de son origine hébraïque ‘emet signifierait la solidité, la constance, la réalité sûre.

[8] La note ‘‘b’’ de ce verset dans la Bible de Jérusalem, précise : « Dieu, « Celui qui est », Ex 3, 14+, a créé toutes choses pour qu’elles « soient », pour qu’elles aient une vie réelle, solide, durable».

[9] Joseph Card. RATZINGER « sur le relativisme » in La Documentation Catholique, 2151, pp. 29-37.

[10] Frédéric LOT, « parole et éducation », in RUCAO 24, (2005), p. 23.

[11] Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, p. 1900.

[12] Giorgio Campanini, « La liberté chrétienne », in Dictionnaire de la vie spirituelle, Cerf, Paris 1983, pp. 624-625.

[13] Le Petit Larousse, Illustré 2001, dictionnaire de la langue française, LAROUSSE, Paris 2000,  mot ‘Libération’.

Par Batin - Publié dans : Pensée - Communauté : Catholique penseur
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Chez les Lyèla, le nom de Famille est donné à l'intéressé qui le porte suivant son genre. Autrement dit, si c'est un garçon on met le préfixe "Ba" à son son Nom et si c'est une fille, c'est le préfixe "Kan". En fait, "Ba" vient de "Bal = homme" et "Kan" vient de "Kan = femme". Exemple: Moi je suis un homme mon NOM est BASSOLE et mes soeurs portent le NOM KANSOLE. Je suis "Homme-SOLE" et elles sont "Femmes-SOLE". La grande famille est appelée SOLE ou SOLE-LYI-DWI; et non BASSOLE comme beaucoup le pensent malheureusement au Burkina.

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