La Vérité vous rendra libres!

Prière pour mes internautes

Pour vous mes chers amis :


Dieu notre bon Père, je te demande de bénir mes ami(e)s, parents, frères et soeurs, mes collaborateurs et tous ceux et celles qui lisent ceci maintenant.
Montre-leur une nouvelle révélation de ton Amour et de ton Pouvoir. Ainsi
soit-il !

AFRICA

Images

Théologie

Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /2008 18:38

PREMIERE PARTIE (Ap 1,9–3,22)

 

LA  VISION  INAUGURALE DE LA PREMIERE PARTIE (Ap 1,9-20)

LE  FILS  D’HOMME.

Structure du texte

Le prologue : vv. 9-11

La vision : vv. 12-16

Le message prophétique : vv. 17-20

 

1. Le prologue

         Les circonstances de l’expérience que Jean décrit sont bien précises.

Elle s’est produite en un lieu : l’île de Patmos (petite île dans l’archipel des Sporades : Dodécanèse), lors d’un état intérieur exceptionnel (« je fus en esprit »). Dans le langage du christianisme primitif, la tournure « être (venir à se trouver) en esprit » indique une manifestation sous un mode inhabituel (glossolalie, prophétie…) de l’Esprit Saint toujours présent dans les membres de la communauté. Jean veut nous dire qu’il reçut de l’Esprit Saint qui l’habitait une illumination extraordinaire de type « prophétique » consistant dans un approfondissement charismatique des mystères divins qu’il devait communiquer à autrui. Ce concept de prophétie se trouve également chez Paul (cf. 1co. 14,1 et sv).

         L’expression « le jour du Seigneur » peut être entendue comme la célébration liturgique de Pâques. Pour la plupart des commentateurs, à cause du grec kyriakè hèmera (latin dominica dies, d’où vient « dimanche »), c’est le sens le plus probable. La précision : « jour du Seigneur » se réfère sans doute aussi au jugement de Dieu prédit dans les Ecritures. Le jugement de Dieu qu’annonçaient les prophètes en parlant du « jour de YHWH » s’est bel et bien réalisé dans la mort et la Résurrection de Jésus, l’événement que la communauté chrétienne célèbre le « jour du Seigneur ».

Jean entend se rattacher à la grande tradition des prophètes de l’Ancien Testament, lesquels présentent le plus souvent le lieu, le temps et les circonstances où ils ont reçu leurs visions ou la communication de la Parole de Dieu. Ainsi les indications données ici ont une portée spirituelle et symbolique certaine : elles signalent une situation prophétique par excellence. L’île de Patmos en vient à symboliser la condition de solitude caractérisant l’homme que Dieu saisit en vue de lui confier un message à transmettre. Se trouvant à Pathmos comme prisonnier, Jean ne pouvait pas ignorer l’analogie entre sa situation et celle de deux prophètes qu’il cite avec prédilection Ezéchiel qui reçut ses visions à Babylone « parmi les déportés au bord du canal kebar » (Ez. 1,1) et Daniel qui situe lui aussi ses visions au temps de la déportation à Babylone (Dn. 7,1s).

Jean est à Patmos à cause de la Parole de Dieu et du témoignage rendu à Jésus-Christ (1,9). Tout en référant à sa situation personnelle de chrétien persécuté, le texte établit de nouveau un lien avec les prophètes anciens qui, eux aussi, avaient témoigné de la Parole de Dieu et de la  venue du Christ et avaient connu pour cela la persécution et la mort (Ac. 6 ; 9-11 ; 11, 3-13). Eux aussi étaient investis par l’Esprit (cf. Ac. 19,10 ; 22, 6) comme prophètes et témoins du Christ qui reviendrait.

2.  La  Vision : vv. 12-16

Jean se retourne pour « voir la voix » qui parlait avec lui (v.12) (cf. Ex 20,18). Il entend, en effet, derrière lui, une voix qui lui ordonne d’écrire ses visions dans un livre destiné aux Eglises. Alors, il se retourne et, au milieu de sept chandeliers d’or, il voit Jésus Christ (Fils d’homme) qui lui réitère l’ordre d’écrire et lui dicte ensuite les sept lettres (cf. 1,12.20).

         La vision de Patmos est en lien avec le prologue : reprise du thème de la transmission de la révélation et reprise de la vision daniélique ; il y a en plus, le fait qu’au début du septénaire des sceaux est rappelée de manière ponctuelle et explicite la première phrase de l’expérience de Patmos.

         Par rapport à la figure glorieuse et pleine de majesté du Fils d’homme qui apparaît à Patmos, les autres représentations du Christ que l’on retrouve dans la suite de l’Apocalypse (Agneau, Fils d’homme sur la nuée blanche, Logos à cheval…) sont partielles ou moins éclatantes. La phase représentée dans la vision de Patmos est la plus haute, la phase finale de la « révélation de Jésus Christ »

         La double posture de Jean, d’abord de dos, puis de face symbolise les deux phases de la révélation : la première phase s’est déroulée durant l’économie ancienne et a été résumée dans les Ecritures vétérotestamentaires. La seconde s’est produite avec la venue et le ministère de Jésus-Christ.

         Il y a continuité dans le temps, car la révélation ancienne prépare et annonce celle que Jésus a apportée. Il y a diversité dans le temps parce qu’on passe de la promesse et de la préparation à l’accomplissement et du signe à la réalité. Il y a aussi un changement d’ordre subjectif, car l’accomplissement des Ecritures par le Christ se comprend à la lumière de la foi, pour celui qui croit. Jean souligne ce saut qualificatif par l’acte symbolique de « se tourner » (« je me retournai… Et étant retourné, je vis… » 1, 12). Après s’être « retourné » et avoir vu le Christ, Jean saisit le sens des Ecritures, qui s’éclairent à travers la personne de Jésus Christ. Nous comprenons alors pourquoi la description du Fils d’homme est tissée de citations, de réminiscences et de symboles bibliques. Et les lettres adressées aux anges des Eglises s’avèrent une explication de textes de l’Ancien Testament par le Christ lui-même à la lumière de sa venue tout en étant lues en leur propre temps, celui de la promesse et de l’attente.

         Dans la première scène (1,10s) Jean pense surtout aux grands prophètes de l’économie ancienne : Is. 6 ; Jr. 1 ; Ez. 1-3 ; Dn.7… dont l’expérience se déroule comme suit : jugement, épreuves, salut du peuple. La révélation ancienne est indirecte, donc obscure et imparfaite (cf. Ap.4 et Ap.10 concernant les visions du trône et de l’ange avec le petit livre ouvert) ; tandis que la seconde révélation est directe, claire et complète. Elle éclaire la première avec laquelle elle coïncide en substance.

         Ce second volet de l’expérience prophétique de Patmos est centré sur le Fils d’homme apparaissant au milieu des chandeliers (candélabres). Le symbole des candélabres vient de la vision de Za. 4, 1-10, elle-même inspirée de la description du temple faite par Ex.25, 31-40. Il faut comprendre que les sept candélabres sont allumés et que leur destination première est d’éclairer. Si le chandelier à sept  branches doit rester allumé toute la nuit « du soir au matin » selon Lév.24, 2-4, c’est pour assurer Israël de la présence lumineuse de Dieu en son sein, même au cœur de la nuit. Les sept lampes sont ainsi les sept yeux de Yahweh présent et vigilant (Za. 4,10). Ce second volet comporte deux parties : une  description du personnage et les paroles qu’il adresse à Jean. Celles-ci vont jusqu’à 3,22, incluant la dictée des messages aux églises. Dans cet ensemble, les renvois à l’Ecriture sont particulièrement nombreux.

         Dans la vision du Fils d’homme, deux modèles scripturaires, pour le moins sont intégrés l’un à l’autre, mais Jean en présente certains éléments selon son procédé personnel. Le premier modèle commande la structure même du récit. C’est la grande vision d’Ezéchiel (Ez. 1,1−3,22 et s), qui a fourni à Jean un schème pour décrire l’expérience prophétique de Patmos. Le second modèle scripturaire est Dn. 7,12. Chez Daniel, le mécanisme par lequel la transmission de la révélation se fait est plus simple. Jean en tire deux suggestions : l’explication de ce qui a été manifesté comporte deux temps dont le second est plus complet et au cours duquel intervient un interprète supérieur aux précédents. Jean assimile le personnage révélateur au Fils d’homme, qui, en Daniel rejoint le vieillard siégeant sur le trône (Dn. 7,9s et 13-14) et qui représente le Messie. Le Fils d’homme apparaissant au milieu des chandeliers possède à la fois les traits du vieillard (YHWH) et ceux de l’interprète de la révélation définitive (1,13-16).

         Pour Jean, Jésus-Christ est ce Fils d’homme, le Messie qu’annonçait Daniel : celui qui vient avec les nuées (cf. Ap.1,7). La vision du Fils d’homme en 1,12 est la reprise qui éclaire et qui approfondit ce que le prologue a déjà posé. D’autres reprises suivront (chap.4 –5  ; 14  ; 19) pour illustrer sous divers aspects la « révélation de Jésus Christ » en tant qu’événement messianique.

         Récapitulons-nous : Le Fils d’homme est décrit par Jean avec des traits qu’Ezéchiel et Daniel attribuent à YHWH : il a la tête et les cheveux blancs, symbole d’éternité (1,14 cf. Dn. 7,9) ;  les yeux comme une flamme, symbole de son pouvoir de juge universel (1 : 14 cf Dn. 10,6) ; les pieds étincelants comme du bronze fondu, symbole de l’absolue transcendance divine (1,15 ; cf. Dn. 10,6) ; et la voix comme celle des grandes eaux, symbole de l’universalité de la révélation (1,15 ; cf. Ez. 43,2). Le  Fils d’homme, Jésus Christ, est donc l’égal de YHWH.

3. Le Message  Prophétique : vv. 17-20.

         Au chapitre 5, dans la vision de l’Agneau, le rapport entre le Fils d’homme et la divinité est précisé au sens d’une dérivation par le Père (cf. Ap 5,7). Et le symbole de l’Agneau définit le caractère de l’œuvre messianique accomplie par le Fils d’homme, non pas une entreprise politique ou temporelle, mais la rédemption des hommes à travers la mort assumée librement comme sacrifice.

         En effet, dans la vision de Patmos, le sacrifice de la croix est déjà inclus. Ce qui prévaut est l’assimilation du Christ à Dieu par la pleine possession des même attributs : éternité, transcendance, domination universelle et pouvoir de juge. Pourtant tout se passe comme si cette condition était le résultat final d’un itinéraire qui, comme tel, s’est déroulé dans l’histoire des hommes, et qui est relatif à l’incarnation du Verbe de Dieu, avec « un avant » et « un après » ainsi qu’« un accomplissement », aboutissement de la révélation première.

         Le temps de « l’après » est synthétisé par le Christ lui-même, dans les paroles qu’il adresse à Jean, en un concept unique, c’est le temps d’une vie qui dure à jamais : « je suis le Premier et le Dernier, et le Vivant : j’ai été mort et me voici vivant pour les siècles » (1,17 s). L’accent est mis sur la Vie qui triomphe de la mort. Mais cette victoire n’est pas une pure démonstration de puissance. Elle est finalisée par la rédemption des hommes (cf 1 : 15). Jean tombe à terre comme mort, mais le Christ l’invite à ne pas craindre (1,17 ; cf. Dn. 10,9-12). Par le péché, les hommes sont comme morts ; mais le Christ en les délivrant du péché les fait vivre.

3. 1.  Le fils d’homme : roi, prêtre, juge  universel

         Le Fils d’homme (Jésus Christ) qui apparaît à Jean est vêtu « d’une tunique longue jusqu’aux pieds et ceint à hauteur de poitrine d’une ceinture d’or » (1,13). C’est le vêtement du grand prêtre Hébreu (Ex. 28,4 s) et qui était aussi la prérogative des rois et de leurs dignitaires (1M. 10,89 ; 11,58). La plupart des commentateurs y ont vu un symbole de la royauté et du sacerdoce du Christ. Ce vêtement est porté par le personnage qui donne à Daniel l’explication définitive de ses visions (Dn. 10,5) ; puisque Jean identifie cet être avec le Fils d’homme et donc avec Jésus Messie, le Verbe Incarné, on peut voir dans la ceinture d’or qui ceint la tunique et la personne (dans l’Ap. l’or symbolise ce qui relève de la divinité) une allégorie de l’incarnation rédemptrice dont l’humanité a été affinée par la souffrance comme l’or au creuset pour le salut des hommes.

         La « tunique longue jusqu’aux pieds » (terme technique pour désigner le vêtement sacerdotal), laisse entendre non seulement que le Fils d’homme est doué d’un vrai sacerdoce (sacerdoce éternel), mais aussi qu’il a déjà accompli son sacrifice et est entré dans sa gloire : la gloire de la résurrection. Dans cette phase, il est « vivant dans les siècles des siècles », victorieux de la Mort et de l’Hadès (Royaume de la Mort) (1,18). Et il est Roi et Prêtre pour toujours, après avoir accompli le sacrifice par lequel il a rendu à l’homme ses prérogatives d’origine : la seigneurie sur la création (royauté) et le pouvoir de représenter l’univers auprès du créateur (sacerdoce). Comme le montre le Prologue, le Christ a constitué un peuple de rois et de prêtres (1,16), auquel il préside en vertu de son témoignage (sa mort) et en tant que Premier-Né d’entre les morts (sa résurrection : 1,5 cf. Col. 1,15-16).

         En cet aboutissement de son itinéraire, le Christ est aussi juge comme le montrent certains passages de l’Apocalypse. Les yeux comme une flamme (1,14 cf. Dn. 10,6) et l’épée acérée à double tranchant qui sort de sa bouche (1,16 ; cf. Is. 11,4 ; 49,2) indiquent respectivement la capacité de pénétrer les secrets les plus profonds et obscurs et celle de trancher entre bien et mal. Significativement, la tradition prophétique associait le jugement de Dieu à l’avènement du Messie. Jésus étant le Messie le jugement divin sur le monde s’est accompli par lui dans le kairos que constitue le moment de sa mort et de sa résurrection. Cette seconde phase où le jugement de Dieu concerne des hommes qui ont recouvré le libre choix entre le bien et mal, entre la mort et la vie, se reflète dans la description de la figure du Fils d’homme.

         La première phase, celle qui s’est terminé avec la mort de Jésus, sera décrite dans la suite en particulier dans la vision du Logos de Dieu qui descend du ciel sur un cheval blanc pour rencontrer ses ennemis rangés en bataille (19,11 s). Le Logos aussi a les yeux comme une flamme et dans la bouche une épée à double tranchant (19,12-15) mais le jugement n’a pas encore eu lieu : à la différence du Fils d’homme, le Logos ne porte pas la tunique sacerdotale, mais « un manteau trempé de sang » (19,13), symbole du sacrifice qu’il doit encore subir et son nom royal n’est encore connu que de lui seul (19,12. 16).

3.2.  Le  mystère  des  sept étoiles et des sept chandeliers.

         Après avoir réconforté Jean en lui disant qu’il a vaincu la mort, le Christ lui réitère son ordre d’écrire le livre (1,19), ordre identique à celui que la voix avait donné (cf. 1,11), mais son énoncé  est plus ample et plus précis, ce qui indique une révélation  plus complète. De fait, l’ordre donné par le Christ englobe la révélation du « mystère » des sept étoiles et des sept chandeliers (1,20), et ensuite la dictée des lettres (chap. 2-3).

         Jésus Christ dit que « les sept étoiles sont les anges des sept Eglises et les chandeliers les sept Eglise » (1,20).  Le mot « mystère » nous montre qu’il s’agit de quelque chose qui se rapporte à la réalisation du dessein de Dieu (cf. 10,7 ; 17,5.7). Les anges sont les intermédiaires entre Jésus Christ et l’instrument humain (cf. 1,1) pour la transmission de la  révélation, le culte et le gouvernement du monde, durant l’économie ancienne.

         En affirmant que les étoiles dans sa main « sont les anges des sept Eglises », le Christ veut dire que leur mission avait eu pour but de préparer la fondation des « sept Eglises » : l’Eglise dans sa totalité, nouveau peuple de Dieu rassemblant toute l’humanité sauvée. Le même message est confirmé dans l’épilogue : « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous attester cela au sujet des Eglises » (22,16). Le texte précise que les anges sont « les anges des sept Eglises », du fait qu’avec la venue Christ leur rôle de médiateurs a cessé ; ils sont maintenant intégrés dans la communauté chrétienne et sont à égalité avec tous les croyants en tant que compagnons de service (19,10 ; 22,9). Ils sont désormais soumis à la domination du Fils d’homme, comme le précise le début de la lettre à Ephèse (2,1).

         Quant aux chandeliers ils sont un symbole familier du culte juif  et même de l’essence spirituelle du judaïsme. Telle est leur signification dans une vision célèbre de Zacharie (Za 4), représentée par Jean dans l’épisode des deux « témoins » (autre symbole du judaïsme), appelés les deux chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur de la terre (11,4). Dire que « les chandeliers sont les sept Eglises » c’est affirmer qu’avec la venue de Jésus Christ et l’achèvement de son œuvre messianique, le judaïsme s’est métamorphosé dans les sept Eglises, dans la totalité du nouveau peuple de Dieu. Telle est le sommet de la « révélation » de Jésus Christ ; le dessein de salut de Dieu en faveur de l’humanité s’est accompli, tel est le sens de toute l’Apocalypse. Comme la lumière émane des candélabres, le message du Christ soude l’Eglise. Toute les Eglises sont autant de candélabres (chandeliers), porte-flambeau de la lumière du Verbe. Elles sont diversifiées, mais une dans la main du Ressuscité.

Par Abbé Théophile NARE - Publié dans : Théologie - Communauté : Catholique penseur
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /2008 18:36

V. Analyse du texte suivant le plan retenu

         Nous faisons une lecture globale non pas une analyse détaillée, verset par verset, même s’il est vrai que certains points font l’objet d’une investigation plus profonde que d’autres.

 

LE PROLOGUE  DE L’APOCALYPSE : Ap. 1,1-8

         Nous nous inspirons de la structure suivante

1.  le titre : 1, 1-3

2.  l’adresse : 1, 4-8

2.1 Salutation et Bénédiction : 4-5a

2.2 La liturgie : 5b-8

      * la séquence : 5b-6 : strophe

      * la séquence : v.7 : l’antistrophe

      * la séquence : v.8 : l’épode : Jésus Christ, l’Alpha et l’Oméga, LE VIVANT.

1. LE TITRE : vv. 1-3

         L’Apocalypse commence avec les mots : « révélation de Jésus-Christ » qui mettent au premier plan ce qui va être le contenu unique et exclusif du livre, à savoir la révélation de Jésus Christ au cours de l’histoire.

         a. -les termes de la révélation. L’auteur est Dieu le Père. L’objet des confidences qui vont être faites est connu de lui seul, et de ceux à qui, partiellement, il les fait connaître. Du fait de l’incarnation, Jésus Christ est l’intermédiaire obligé de cette révélation dont il n’est que le dépositaire, lui qui ne fait rien qu’il n’ait vu faire par le Père et ne dit aucune parole qu’il n’ait entendue du Père (cf.  Jn 5, 30 ; 14, 10 ; 17, 8). C’est lui donc le révélateur par excellence du Père. Voilà qui fait de l’Apocalypse une Parole de Dieu transmise aux hommes par Jésus christ.                                                                                                                                                        

        -Les destinataires de la révélation sont les serviteurs, les esclaves de Dieu : des hommes et des femmes travaillant à son œuvre (Cf. Is. 42,1). La révélation concerne donc tous les croyants de toutes les Eglises. Elle veut guider leur existence de sorte que leur conduite se modèle sur celle du Christ.                                                                                                                                 

        -L’objet de l’écrit est : « ce qu’il faut (dèi) qu’il advienne » c’est- à- dire ce qui est inévitable.                        

         Dans ses grandes lignes, le cours de l’histoire est fixé par le projet salvifique de Dieu qui en pose lui-même le terme. Cependant, il n’y a pas de déterminisme à la manière grecque (l’anakè), ni de condition tragique de l’existence. Le terme de l’histoire est ouvert à une espérance fondée, le cours événementiel des choses étant soumis à la liberté des hommes et dépendante de la providence divine. Les chrétiens doivent connaître les grands jalons de l’histoire et de l’existence des hommes afin de marcher correctement.                                                               

         Les points de repère sont l’incarnation et la mort rédemptrice du Christ par lesquelles s’accomplissent le salut et l’histoire. « Ce qui doit s’accomplir », est sans doute la mort du Christ en laquelle se réalise de manière définitive et totale le mystère de Dieu pour le salut des hommes. Cet accomplissement en tant qu’expression de la volonté toute-puissante de Dieu revêt le caractère de nécessité absolue impliqué dans le texte (dei : doit, cf. 1, 1 ; 4, 1 ; 22, 6)    

         b. Jean se présente dans le prologue, et régulièrement dans la suite comme le « destinataire-messager » humain de la révélation. En cette qualité, il reçoit l’ordre d’écrire, c’est-à-dire d’enregistrer ce qu’il voit et entend (1, 11. 19 ; 14, 13 ; 19, 9…) et c’est à cause de sa fonction qu’il se considère comme un prophète, un frère des prophètes (19, 10 ; 22, 9). Dans l’exercice de cette fonction prophétique, Jean est d’abord complètement subordonné, assujetti aux anges : il en écoute les conseils, en exécute les ordres, il en accueille les explications, il pousse même sa vénération à leur égard jusqu’à vouloir les adorer (19, 10). Les vérités contenues dans les visions lui parviennent à travers le commentaire des anges.    

         Mais il y a une situation différente et meilleure, où, par rapport à la révélation, il est placé au même niveau que les anges, sinon plus haut : dans la scène que décrit le prélude des lettres (vision du Fils d’homme : Apoc 1, 9-20), la révélation se communique immédiatement du Christ à Jean. Il s’agit là d’une révélation supérieure qui peut éclairer les anges eux-mêmes sur certains points.                                                                                                                             

        Ces deux situations prophétiques de Jean reflètent les deux phases principales de la révélation de Jésus Christ : la phase de l’économie ancienne (où les anges étaient médiateurs) et celle qui s’est réalisée avec la venue de Jésus Christ et qui se prolonge par sa présence à l’intérieur de la communauté.

A travers Jean est présentée la situation de l’homme dans l’une ou l’autre phase. Dans la première, Jean est sûrement un prophète, doué de l’Esprit de prophétie (cf. 19, 10), cela ne l’habilite pas cependant à communiquer la révélation, même si le contenu en est déjà fixé (10, 4). Distinction est faite entre lui et la communauté chrétienne. Dans la seconde phase, il demeure toujours un prophète doué de l’Esprit de prophète (1, 10). Mais, il n’ y a plus de distinction entre lui et la communauté : anges, prophètes et croyants sont à égalité (22, 9). La révélation de Jésus advient désormais sans médiation angélique et elle se produit au sein de la communauté (lors des assemblées liturgiques, par exemple cf.  1, 10 ; 22, 16).

         Le problème de la médiation entre Dieu et l’humanité s’avère l’un des plus importants à l’intérieur de l’Apocalypse. Cette préoccupation transparaît dès les premiers versets et constitue l’objectif fondamental du septénaire des lettres, en particulier de son prélude (la vision du Fils d’homme) ; elle commande aussi la description finale de la Jérusalem nouvelle où le problème de la médiation est résolu dans la vision d’une « convivence »  harmonieuse de Dieu et des hommes, obtenue par la personne et le sacrifice du christ (l’Agneau).                                                                                                                                                                        

         c. La dernière phrase de l’intitulation proclame heureux les témoins qui lisent et gardent les paroles de la prophétie. Ainsi, le titre général s’épanouit en une béatitude, la première des nombreuses autres qui jalonnent l’ensemble du livre (14, 9 ; 20, 6 ; 22, 7 et 22, 14…).

         Lire et écouter l’Apocalypse sont source de bonheur car le temps (kairos), le moment est proche. Le kairos est le moment où Dieu se rend présent et se manifeste aux yeux des fidèles. Les moments sont marqués par les interventions de Dieu qui transforme le temps des hommes en une histoire de salut. Le temps est évoqué quatre fois (2, 21 ; 6, 11 ; 10, 6 ; 20, 3) et le moment sept fois (cf. ici et 11, 18 ; 12, 12 ; 12, 14 ; 22, 10) : le temps est une réalité humaine tandis que le moment signifie la présence du Dieu de l’Alliance.

         La prophétie vient de Dieu pour qui mille ans sont comme un seul jour (cf. Ps 90, 4). Depuis la mort de Jésus Christ, « tout est consommé » (Jn 19, 30) et le Royaume est devenu tout proche de nous. Le moment du Royaume est là ; mais il se vit dans un temps douloureux. C’est dans cette situation que l’Apocalypse veut apporter bonheur, réconfort, espérance tout en provoquant à un agir fidèle et persévérant. Il ne suffit pas de lire ou d’écouter la parole prophétique, il faut encore la garder, c'est-à-dire la mettre en pratique.

         Soulignons, pour finir, le caractère liturgique du titre. L’enchaînement des personnes citées (Dieu, Jésus Christ, les signes, l’ange de la foi, Jean, le lecteur, les auditeurs) dicte en effet les attitudes propres à la liturgie de la Parole. La Parole suit un chemin qui descend vers nous. Dieu parle et les médiateurs transmettent la Parole ; et les auditeurs écoutent et acquiescent à la Parole entendue par leur « Amen » (22,20).

2. L’ADRESSE : vv. 4-8

         L’adresse comporte la mention des destinataires, et le souhait « grâce et paix » qu’on trouve habituellement dans les lettres de Paul et de Pierre, ainsi que l’action de grâce. Mais tandis que Paul adresse son souhait de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus (Rm 1, 7 ; 1 Co 1, 3 ; 2 Co 1, 2 etc.), le texte actuel de l’Apocalypse sépare la mention du Père et celle du Fils par celle des « sept esprits » où certains croient reconnaître l’Esprit Saint dans sa plénitude.

Le Père reçoit une désignation à trois termes (puisqu’il est Dieu), développant le Nom divin Yahweh révélé à Moïse (Ex 3, 14) : « Il est, Il était et Il vient ». Ainsi sont évoqués la permanence (Il est), l’éternité (Il était) et le retour (Il vient) toujours imminent pour la foi du chrétien, qui sait que son Dieu est toujours proche (Ps 119, 151) de tous ceux qui l’invoquent (Ps 145, 18). 

Mais c’est surtout la mention de Jésus qui prend un développement (à trois termes, évidemment puisqu’il est Dieu) en rapport avec le rôle de premier plan qu’il va jouer dans tout le livre. Il est :

-le Témoin fidèle, c'est-à-dire digne de foi, de confiance totale. Jésus est par excellence le témoin du Père (Jn 3, 11-13. 31-32). Il atteste la fidélité inébranlable de Dieu (Ps 117, 2 ; 1 Co 1, 9) à son Alliance (Ps 89, 29 ; 2 Tm 2, 13) et à la promesse faite à David (2 Sam 7, 1-17 ; Ps 89). Il est le « Oui de Dieu (2 Co 1, 20).

- Le Premier-né d’entre les morts (Col 1, 18).

 

- Le Souverain des rois de la terre, (citation large de Ps

 89, 28), celui qui est bien au-dessus de Domitien ou de Néron. Cela avait déjà été annoncé à propos du fils de David : Ps 72, 11. 

 

Vient ensuite le rappel de son œuvre, sous forme de doxologie, c'est-à-dire de proclamation de gloire (en grec doxa) :

        A Celui qui nous aime, qui nous a déliés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume, des prêtres pour Dieu son Père, à lui gloire et pouvoir pour les siècles des siècles. Amen !

Le thème du livre est exprimé au verset suivant, qui cite plusieurs textes de l’ancien Testament : Voici qu’il vient avec les nuées (Dn 7, 13), et tout œil le verra, même ceux qui l’ont transpercé, et se battront la poitrine à son sujet toutes les tribus de la terre (Za 12, 10).

La pensée, au début de l’adresse, s’était portée sur « Il est », puis sur Jésus. Elle remonte maintenant,  comme dans la  Prologue du Quatrième Evangile, vers le Père de qui tout procède et vers  qui tout remonte :  «  Je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le seigneur Dieu, celui  qui est, qui  procède qui vient, le Pantocrator. » L’Alpha et l’Oméga, la première et la dernière lettre de l’Alphabet grec, évoquent Dieu comme origine et but de toute création. On s’étonnera de ne pas trouver ici, puisqu’il s’agit de Dieu, une énumération à trois termes. De fait, primitivement le texte comprenait bien trois termes : Alpha, Oméga, Pantocrator. C’est le rédacteur final qui a inséré ici, de nouveau, la formule du verset 4 : « Il est, Il était et Il vient. »

Traditionnellement, on subdivise l’adresse en deux parties distinctes.

         La première est un salut et une bénédiction de la part de Dieu-Trinité (v.4-5a). La seconde est une courte liturgie dans laquelle le choryphée développe l’action de Dieu passée en Jésus Christ (la strophe de 5b-6), puis son action imminente (antistrophe du v. 7). A chaque fois, l’assemblée répond par un assentiment croissant, par un Amen, puis oui, Amen ! L’épode (v.8) fait inclusion avec le salut initial.

         En somme les éléments de l’adresse nous offrent des airs d’entrée en communion eucharistique. Nous trouvons le président (4-5a)  et en face les fidèles dont un premier chœur lui répond (5b-6) puis un second (v.7) tandis que l’assemblée proclame sa foi. Le président enfin termine en articulant la parole et la présence de Dieu (v.8).

 

2. 1.  Salut et bénédiction : vv. 4-5a

         Le nom de l’auteur est donné : Jean (cf. 1, 1. 4. 9 ; 22, 8).  Tout à la fois, le rédacteur humain de l’Apocalypse s’affirme et s’efface.

         L’écrit est destiné à sept Eglises qui sont en Asie. Le chiffre 7 montre qu’il concerne tous les fidèles du Christ qui sont dans le monde entier. Le ton est cultuel et permet de penser à une lecture à faire au cours d’un rassemblement eucharistique. Le célébrant salue donc l’assemblée par un vœu : « Grâce et paix vous soient données ».

         Les fidèles issus du paganisme sont culturellement plus portés à utiliser le souhait de « grâce », alors que « la paix » est quotidienne dans les salutations sémitiques. L’auteur de l’Apocalypse sait donc s’adapter à la mentalité, à la culture des uns et des autres d’une manière chaleureuse.

Grâce et paix ne peuvent venir que du Dieu Trinitaire : du Père, du Fils et de l’Esprit Saint.

A Dieu est donné le Nom de « L’Etant, Il-Etait, Le Venant ». C’est une amplification du Nom Yahweh : Celui qui est, correspondant au « JE SUIS » du v. 8 (cf. Ex 3, 14). Ce qui est amplifié c’est le caractère permanent de « l’être de Dieu avec nous ». Il était là hier, il est encore là maintenant, et il vient. Tout ceci a pour but de soutenir notre Espérance, objectif de l’Apocalypse.

L’Esprit est essentiellement septénaire, car il est le protecteur et le garant de l’Alliance. Il est chargé de guider les croyants dans leur conduite et se doit d’être présent à chaque fidèle du Christ. Il est l’Avocat défenseur.

Trois titres sont conférés au Christ. Ils résument son mystère pascal : Il est « le Premier-né d’entre les morts », le Ressuscité, exalté au ciel comme Seigneur (cf. Col 1, 18). Il est le témoin fidèle, le martyr qui a enduré l’épreuve jusqu’au bout. L’allusion à sa Pâque par laquelle il triomphe de l’épreuve sollicite la foi et l’Espérance. De même que le Christ a triomphé de l’épreuve, les chrétiens sont associés à sa passion et à sa Résurrection, maintenant.

En somme, c’est parce que Dieu est là, parce que la plénitude de l’Esprit est donnée et que parce que Jésus-Christ a « réussi » sa Pâque que « grâce et paix » peuvent être assurées aux communautés. Toute chose qui provoque la louange liturgique.

 

2. 2.  La liturgie : vv. 5b-8

2. 2. 1.  La strophe : vv.  5b-6

Elle est courte et est adressée à « celui qui nous aime ». Le verbe est au présent, ce qui montre l’actualité de l’amour du Christ pour ses fidèles, un amour concret, salutaire, ayant enduré pour eux les épreuves du martyre. Ce martyre produit sur les fidèles un double effet. D’abord, il constitue les croyants en un Royaume. Les croyants sont ceux sur qui le Christ règne, par son amour ; et ils sont ainsi entraînés à confirmer leur conduite sur la manière dont gouverne leur roi, à savoir par le service et l’amour. Les citoyens de ce royaume sont faits prêtres pour Dieu (cf. 1 P 2, 5. 9 ). Il s’agit ici du sacerdoce commun des fidèles, un sacerdoce ordonné aussi au culte et à la louange liturgique : les fidèles sont les prêtres et les chantres de Dieu. L’air est vraiment eucharistique.

Le rappel de l’action du Christ en notre faveur vaut au Ressuscité une double doxologie (gloire et force). Il s’agit de confesser une victoire par la louange. A cette confession, l’assemblée répond par l’Amen traditionnel des liturgies juive et chrétiennes.

 

2. 2. 2. L’antistrophe : v. 7

Elle est l’annonce d’une venue imminente : « Il vient » au présent (littéralement « Voici » il (le Christ) avec les nuées » d’après Daniel 7, 13). La nuée est un attribut divin qui voile la gloire de Dieu, insoutenable pour l’homme pécheur. Le Christ vient ainsi divinement non point dans le resplendissement de sa gloire, mais drapé dans un nuage.

         Celui qui aura cru sans avoir vu recevra cette vision comme récompense. Quant à l’incrédule, qui a participé à la crucifixion de Jésus, il devra reconnaître son erreur et pleurer sur le crucifié (cf. Jn 19, 37 ; Za 12, 10-14). On songe aussi à Pierre qui crucifie Jésus par ses reniements (Lc 22, 62) et qui, après, fond en larmes sous le regard du Maître. Le Christ vient, car il est le « venant » ; et cette venue est imminente.

         Dans l’Eglise, il semble que le Christ vient d’une triple manière.

         D’abord pour juger comme pédagogue des communautés auxquelles il vient apporter, à travers les lettres que Jean doit leur adresser, remèdes et consolation ; car il ne fait qu’un avec le  Paraclet, le  Défenseur.

Ensuite il vient encourager et récompenser et se donner lui-même dans l’Eucharistie (3, 20).

Enfin, il est clair que la juridiction de Jésus Christ s’exerce sur les Eglises d’une manière permanente. Celle-ci  se concrétise en un acte verbal, en une Parole appelant les actions concrètes. La présence du Christ est donc manifestée à travers la prédication qui dénonce et exhorte, juge et rétribue, encourage et stimule. C’est ainsi que l’Apocalypse veut apporter grâce et paix aux Eglises. Cette venue s’accomplit aussi au milieu des nations : « tribus/langues/nations/peuples » (cf. 5, 9 ; 7, 9 ; 10, 11 ; 11, 9 ; 13, 7 ; 14, 6 ; 17, 15). Pour ces Gentils, la venue du Seigneur prend également la forme d’une Parole, d’un message contenu sous le nom d’ « Evangile éternel » (14,6). Par la prédication de l’Evangile, le Seigneur vient au milieu des nations. L’apostolat missionnaire est la porte par laquelle le Christ pénètre dans le monde entier. La condition à laquelle cette irruption est identifiable est la fidélité à la Parole du Christ telle qu’elle s’exprime dans l’ÉVANGILE, sans altérations ni affadissements.

 2. 2. 3. L’épode (chant liturgique qui s’exécute après la strophe et l’antistrophe)

En réponse à la liturgie qui se vit, Dieu se présente pour ce qu’il est : « Je suis », développé au v. 4, avec lequel il fait inclusion. Il est le Seigneur-Dieu, sans doute en référence à la formule vétérotestamentaire de YHWH-ELOHIM et à la titulature impériale en cours sous Domitien.

Un nouveau titre apparaît. Dieu est dit l’Alpha et l’Oméga (cf. 21, 13 et pour le Christ en 22 : 13). L’intention est de montrer que Dieu habite toutes les Ecritures et tous les évènements de l’Histoire du salut. Il se situe au début de l’Histoire comme projet, et à son achèvement comme espérance. Entre ces deux points se déroulent les jours des hommes comme une parenthèse infinie des activités de lieutenance de la création et de la préparation du ciel nouveau et de la terre nouvelle sur le temps des hommes, Dieu règne en Pantocrator (Tout-Puissant) ou comme YHWH SEBAOTH en hébreu. Il faut se rappeler que Domitien avait introduit ce titre de Pantocrator dans les inscriptions impériales officielles. L’Apocalypse veut sans doute dénoncer ce fait d’une manière implicite car c’est une usurpation, puisque Dieu seul mérite le titre de Tout-Puissant, lequel est répété neuf fois dans l’Apocalypse (ici et 4, 8 ; 11, 17 ; 15, 3 ; 16, 7. 14 ; 19, 6. 15 et 21, 22).

Au total cette salutation liturgique ne manque pas d’ampleur et de splendeur. Les communautés chrétiennes peuvent s’en inspirer pour rendre la liturgie de la Parole et celle de l’Eucharistie toujours plus riches et plus vivantes ; liturgies auxquelles tous et toutes participent de manière active et effective, chacun et chacune selon son charisme propre, personnel et communautaire.

         -L’emploi des citations de l’ancien Testament montre bien que Jésus a manifesté la fidélité de Dieu à ses  promesses, ainsi que l’annonçait Daniel et Zacharie entre autres.

         -Le geste de se battre la poitrine est une expression  de tristesse à l’occasion d’un deuil en Orient, mais aussi de repentir. Le texte de Zacharie d’où cette expression est tirée exprimait à la fois l’un et l’autre, comme ici du reste. Zacharie prophétisait la douleur et le repentir des habitants de Jérusalem qui s’étaient rendus coupables d’un crime dans le passé. C’est à cette perspective éblouissante de la conversion en masse de toutes les tribus de la terre qu’applaudit le voyant de Patmos et à laquelle il donne son assentiment : « Oui ! Amen ! ».

Par Abbé Théophile NARE - Publié dans : Théologie - Communauté : La belle Afrique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /2008 18:34

IV. Le plan  de  l’Apocalypse

         L’Apocalypse, sous sa forme actuelle, se présente comme une longue lettre, avec un prologue composé du titre (1, 1-3) et de l’adresse (1, 4-8) et une conclusion terminée par un salut final (22, 6-21).

         L’adresse n’introduit en fait que les lettres aux sept Eglises (chapitres 2 et 3). De ces Eglises il ne sera plus question à partir du chapitre 4 où commence manifestement un tout autre ensemble, sans doute, comme on l’a dit, primitivement indépendant et antérieur aux sept lettres.

         Ainsi donc, le livre se compose de deux parties bien distinctes, annoncées dès le chapitre premier :

      Ecris donc ce que tu as vu : ce qui est et ce qui doit arriver après cela (1, 19)

-« ce qui est » correspond à la première partie du livre : les sept lettres (2 et 3) ;

-« ce qui doit arriver après cela » constitue l’objet de la seconde partie (4 à 22).

L’élément de base de ce plan est manifestement le septénaire, série de sept éléments.

-la première partie constitue à elle seule un septénaire.

-La seconde, à son tour, se compose d’un certain nombre de septénaires, terminés chacun par une liturgie.

Ceci est évident lorsque les septénaires sont numérotés :

1° les sept sceaux (6, 1-8, 5),

2° les sept trompettes (8, 6-11, 19),

3° les sept coupes (16, 1-19, 10).

         Mais, à y regarder de près, on peut identifier deux autres sections composées aussi de sept éléments.

4° la section des « visions » (19, 11-22, 5) où chaque élément est amené par la même formule « et je vis » (19, 11.17.19 ; 20, 1. 4. 11 ; 21, 1).

5° la section qu’on peut appeler des « signes », comprise entre les trompettes et les coupes (12, 1-15, 8).

TROADEC récapitule ces observations dans le tableau suivant :

Nb

A

7 sceaux

B

7 trompettes

C

7 signes

D

7 coupes

E

7 visions

1

Cheval  blanc

6, 1-2

Terre 

8, 6-7

dragon  combattant la Femme 12

Terre 

16, 1-2

Cheval blanc

19, 11-16

2

Cheval  rouge

6, 3-4

Mer

8, 8-9

1er Bête

13, 1-10

Mer

16, 3

Oiseaux conviés par l’Ange

19, 17-18

3

Cheval  noir

6, 5-6

Fleuves&sources

8, 10-11

2e Bête 

13, 11-18

Fleuves&sources

16, 8-9

Bête

19, 19-21

4

Cheval vert

6, 7-8

Soleil, lune, étoiles

8, 12-13

Agneau

14, 6-13

Soleil

16, 10-11

Dragon enchaîné

20, 1-3

5

Ames des martyrs

6, 9-11

Ange déchu et sauterelles 9, 1-12

Anges 

14, 6-13

Trône de la Bête

16,  10-11

La résurrection et le combat de Satan 20, 4-10

6

Grand  Jour de la colère

6, 12-17

Puissance de l’Euphrate 9, 13-21

Moisson et vendange  14, 14-20

Puissance de l’Euphrate 16, 12-16

Jugement 

20, 11-15

7

Triomphe des serviteurs de Dieu & des sauvés

7, 1-17

Petit livre & deux témoins

10, 1-11, 14

 

Châtiment de Babylone 

16, 17-18, 24

 

 

8

Prières des saints 8, 1-5

8,2 : annonce des 7 trompettes

Louange à Dieu Pantocrator

11, 15-19

11,15 : annonce des 7 signes

Cantique de Moïse et de l’Agneau

15, 1-8

15, 6 : annonce  des

7 coupes

Les noces de l’Agneau

19, 1-10

Nouvelle Jérusalem

21, 1-22, 5

 

 

Il fait remarquer en outre :

+le parallélisme de certains éléments :

-Al et El (le cheval blanc) ;

-A6 et E6 (la colère et le jugement).

-Et surtout, dans les septénaire B et D, le parallélisme rigoureux des quatre premiers éléments : Terre, Mer, Fleuve, Soleil.

- la place centrale qu’occupe l’agneau dans ce tableau : C4.

+L’application de la loi de l’emboîtement dans l’agencement des septénaires :

-la rupture du 7e sceau (8, 1) ouvre le septénaire des trompettes.

-La 7e trompette (11, 15) ouvre celui des signes.

-Le 7e signe (15, 1-8) nous montre les sept fléaux qui seront déversés par les 7 coupes. Enfin, au terme de la série des 7 coupes, c’est le septénaire des visions.

En récapitulant, voici le plan qui se dégage et que nous allons suivre dans notre analyse du livre :

1, 1-8 : Prologue

1, 9−3,22 : Première Partie

1, 9-20 : Vision inaugurale de la Première Partie

2, 1−3,22 : Septénaire des Lettres aux Eglises

4,1−22,5 : Deuxième Partie

         4,1−5,14 : Vision inaugurale de la Deuxième Partie

         6,1−22,5 : Les cinq septénaires de la Deuxième Partie

                   6,1−8,5 : Septénaire des sceaux

                   8,6−11,19 : Septénaire des trompettes

                   12,1−15,8 : Septénaire des signes

                   16,1−19,10 : Septénaire des coupes

                   19,11−22,5 : Septénaire des visions

22,6-21 : Epilogue

 

 

Par Abbé Théophile NARE - Publié dans : Théologie - Communauté : l'actualité sans prise de tête
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /2008 18:33

II. L’A.T. dans l’Apocalypse[i]

 

         On a dit de l’Apocalypse de Jean qu’elle constitue un bon test pour vérifier la connaissance que l’on a de l’Ancien Testament : il y a en effet plus de citations ou de réminiscences des Ecritures que de versets !

         L’utilisation que Jean fait de l’AT est originale. En voici quelques caractéristiques :

*A y regarder de près, on s’aperçoit que ce ne sont pas les traductions grecques mais le texte hébreu qui est la source de Jean.

*Jean ne cite pas (ce serait contraire aux lois du genre), il s’inspire librement de l’Ecriture qu’il interprète dans un sens chrétien.

*Il ne retient des textes que les aspects fondamentaux et les plus à même d’éclairer ses développements. Il a donc tendance à les simplifier et à leur  donner une dimension universelle qu’ils ne comportaient pas dans leur contexte originel (comparer Ez 1-2 avec Ap 4).

-La technique d’utilisation

         Arrêtons-nous à deux procédés plus caractéristiques.

-Une double utilisation du même texte.

Dans sa vision inaugurale, Ezéchiel recevait un livre que Dieu lui donnait à avaler (Ez 2,8). Jean en fait une double utilisation.

*Dans la vision de Ap 5,1s), il s’agit pas d’avaler le livre, mais de l’ouvrir ; le point d’insistance n’est plus, comme en Ez 2,8, l’origine divine du message délivré par le prophète, mais la puissance de l’Agneau qui, seul, pourra ouvrir le livre contenant les desseins divins.

*Dans une autre vision (10, 1-11), Jean doit avaler un livre, exactement comme cela fut demandé à Ezéchiel.

-Fusion de plusieurs textes.

Ap 22, 1-3 est construit à partir d’Ez 47, 1 ; Za 14, 8 et Gn 2, 9.

*Chez Ezéchiel, le motif de l’eau sert à exprimer l’idée d’un renouvellement du peuple de Dieu qu’opérera l’Esprit dans les derniers temps

*Mais en reprenant la Genèse et en y mêlant Zacharie, Jean fait de cette promesse de renouvellement une nouvelle création ayant une dimension universelle, toutes choses que ne comportaient pas l’annonce faite par Ezéchiel. 

On voit par cet exemple, quelle connaissance vivante avait Jean de l’Ecriture et comment il a su, en percevant les affinités profondes de textes dispersés, les recréer pour exprimer, dans « une œuvre vigoureuse, animée d’un bout à l’autre d’un souffle unique », comment l’Ecriture est accomplie en Jésus Christ.

 

III. Méthodes d’interprétation[ii]

 

         Bien des interprètes, au cours des âges, ont cherché à retrouver le fil rouge permettant d’interpréter l’ensemble complexe qu’est le livre de l’Apocalypse. Entreprise titanesque  qui a inspiré à TROADEC cette réflexion fort intéressante : Comme devant un coffre-fort aux combinaisons multiples, certaines de ces clés pourtant encore utilisées par des sectes n’ouvrent que des fausses portes et aucune, à elle seule, ne réussit ; plusieurs ouvrent des aperçus intéressants ; ensemble, elles ont chance de nous introduire un peu dans le secret.

         Nous passons en revue ces différents systèmes d’interprétation regroupés par A. FEUILLET en sept chapitres.

-L’interprétation millénariste

         Cette façon d’interpréter l’Apocalypse part du principe qu’il faut prendre toutes les images du texte au pied de la lettre, l’image paradigmatique étant celle que présente Ap 20, 1-6. Ce texte  parle d’un règne terrestre de mille ans (d’où millénarisme ou chiliasme, du grec kilioi = mille) des fidèles avec le Christ, avant la victoire finale et la parousie. Comme l’explique fort clairement VAN DER PLANCKE, cette conception  s’origine dans l’astrologie. L’histoire était conçue comme une grande semaine de sept mille ans car, dit le psalmiste, « A tes yeux, mille ans sont comme un jour » (Ps 90, 4). Pour les chrétiens qui ont emprunté cette vision, le millénium du Christ représente le sixième jour de cette semaine du monde. Après ce millénium, on arrivait donc au septième jour, celui du repos éternel et de la jouissance de la nouvelle création[iii].

         TROADEC, entre autres commentateurs, pense que ce règne de mille ans désigne sans doute une période privilégiée de l’histoire de l’Eglise, une période particulière ou simplement celle qui va du Christ à la parousie. Ne peut-on pas penser qu’il s’agit de la période qui sépare la mort de chaque chrétien de la fin du monde ? Le millénium commencerait pour chacun après sa propre mort.

 

-Le système de la récapitulation

         Les tenants de cette hypothèse partent du constat que le texte présente des motifs qui, au lieu de s’enchaîner, semblent se juxtaposer, ce qui laisse une impression de continuelle répétition. Ils en tirent la conclusion que les événements décrits ne s’additionnent pas les uns à la suite des autres, de façon chronologique ; il s’agit souvent des mêmes, repris sous une forme différente. Chaque tableau tend à récapituler, à exposer d’un bout à l’autre, l’ensemble de l’histoire du salut.

-Le système de l’histoire universelle

         Jean nous décrit, par avance, toutes les grandes étapes de l’histoire humaine jusqu’à la fin du monde, telle est l’opinion de certains interprètes. Ce système de l’histoire universelle se voit vite condamné à l’échec par le démenti continuel de l’histoire dont les évènements ne cadrent point avec ceux que l’interprétation des chiffres contenus dans le texte amène à prévoir.

         Peut-être faut-il convenir avec la plupart des critiques que Jean ne veut pas annoncer des événements précis, mais nous aider à découvrir le sens que peuvent prendre nos événements par rapport à l’établissement du Règne de Dieu.

-Le système eschatologique

         Selon les tenants de cette hypothèse de lecture, l’auteur de l’Apocalypse ne parlerait que de la parousie, du reste toute proche. S’il est vrai que Jean invite ses lecteurs à comprendre et à vivre le présent en fonction de cet évènement futur de la parousie,  on réduirait déplorablement le champ de compréhension du livre en disant qu’il ne parle que de cela. Un autre évènement est constamment à l’horizon de la pensée du voyant, l’évènement passé de la résurrection du Christ, qui doit éclairer et informer également l’actualité des chrétiens et des Eglises.

-Le recours à l’histoire contemporaine de Jean

         D’autres commentateurs encore font de l’Apocalypse de Jean une réflexion sur les événements de son temps. L’identification de tel évènement ou de tel personnage de l’époque avec tel ou tel symbole du livre peut être éclairante, pourvu qu’on évite tout « exlusivisme » réducteur. De fait, il y a dans ce recours à l’histoire contemporaine de Jean, une intuition très juste, à condition de ne pas vouloir à tout prix interpréter  chaque détail. Mais il est bien certain, par exemple que Jean nous présente, dans une première partie, le passage du judaïsme au christianisme (Ap.  3-11) et dans une seconde, la ruine du paganisme romain (12-20).

-L’analyse littéraire

         Cette hypothèse permet à ceux qui la proposent d’expliquer les doublets que comporte le texte actuel de l’Apocalypse qui serait le résultat d’une fusion de deux ou même de plusieurs apocalypses. Le Père BOISMARD en est un des plus éminents représentants. Sans mettre en doute une expérience mystique de Jean, on peut très bien admettre qu’il a utilisé des documents antérieurs (écrits par lui ou par d’autres). Mais si c’est le cas, il faut reconnaître qu’il a su les faire siens. C’est une œuvre très unifiée qu’il nous offre, une apocalypse chrétienne, et la méthode de l’analyse littéraire gagne à s’adjoindre celle de la récapitulation pour une interprétation plus juste du livre.

-La méthode comparatiste

         Cette méthode s’emploie à interpréter l’Apocalypse en comparant ses symboles avec ceux qu’utilisaient ses contemporains. Des images mythiques courantes dans le folklore de l’époque, le livre en recèle. Mais c’est surtout l’Ancien Testament qui est la principale source d’inspiration de Jean et c’est là qu’il faut chercher, de préférence, le sens des images dont il se sert.

         Avec FEUILLET, on peut tirer la conclusion que l’Apocalypse se présente comme  une relecture chrétienne de l’Ancien Testament destinée à éclairer toute l’histoire de l’Eglise (cf. le système de l’histoire universelle) jusqu’à la fin des temps (cf. le système eschatologique) et, avant tout, ces deux événements dramatiques du christianisme primitif (cf. le système de l’histoire contemporaine) : en premier lieu, la rupture du christianisme avec le monde juif incrédule, en second lieu sa rencontre avec la puissance totalitaire, impie et persécutrice, de l’Empire romain. 

 

 

 

 

 



[i] Voir CE 11, p. 13

[ii] Voir A. FEUILLET, 9-17 et CE 11 (pp. 11-12)

[iii] C. van der PLANCKE, L’Apocalypse, coll. »Le Temps de Lire », Lumen vitae, 1984, p. 76

Par Abbé Théophile NARE - Publié dans : Théologie - Communauté : Pensées d'ailleurs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 8 juillet 2008 2 08 /07 /2008 18:31

Chapitre III – L’Apocalypse de St Jean

I. Quelques clés de lecture[i]

 

-Le genre littéraire

         Le genre littéraire apocalyptique est né au 2è s. av. J C, comme une expression originale de la tradition prophétique dont il amplifie les aspects visionnaires. Littérature de temps d’épreuves, il va se développer au sein du judaïsme jusqu’au 2è s. après J C. Les principaux produits sont, pour ce qui est des écrits canoniques, le livre de Daniel, certaines parties d’Ezéchiel et d’Isaïe (Is 24-27 ; 34-35), voire des Evangiles (Mt 24, 4-36 et parallèles) ; et, parmi les écrits non bibliques, le livre d’Hénoch, le Livre des Jubilés, le Testament des Douze patriarches, l’Assomption de Moïse, etc. Si de nombreux livres apocalyptiques sont antérieurs à l’Apocalypse de Jean, celle-ci est cependant l’écrit qui donnera leur nom à tous les ouvrages du genre. Les caractères communs à toute cette littérature sont les suivants :

         1. Ces écrits fleurissent surtout en temps de persécution et ont comme objectif de consoler et d’encourager les persécutés en les rassurant quant à l’issue de leur combat : Dieu et son messie remporteront la victoire et ceux qui auront persévéré jusqu’à la fin seront associés à cette victoire inéluctable. On sait que le livre de Daniel, un excellent exemple du genre, fut écrit sous la grande persécution déclenchée par Antiochus Epiphane (175-163, voir 1 Mac 1-6).

         2. dans la mesure où ils prédisent des événements futurs, ils s’apparentent au genre prophétique (cf. Ap 1, 3), mais s’en distinguent pourtant sur de nombreux points fondamentaux (cf. la comparaison entre  le prophétisme, les apocalypses juives et celle de Jean dans les développements sur les genres littéraires des écrits johanniques).

         3. Littérature de temps de crise (persécution), ces écrits sont en général « cryptés » et ne se laissent déchiffrer que par les destinataires qui en connaissent le code. L’expression imagée des idées peut dérouter le lecteur moderne. Cette difficulté sera vite surmontée si on est attentif à substituer à chaque image l’idée qu’elle exprime sans se soucier de l’incohérence fréquente des images successives, à laquelle l’auteur, un sémite, ne porte aucune attention. Ce qui compte à ses yeux, et donc ce qui doit compter aux nôtres si nous voulons le comprendre, c’est la cohérence des idées sous-jacentes aux images, et cette cohérence est parfaite.

Quelques clés d’interprétation du riche symbolisme de l’Apocalypse :

La tête

L’autorité

Les yeux

La connaissance

La main

La puissance

les pieds

La stabilité

les cheveux blancs

L’éternité

La corne

La force

Les ailes

La mobilité

Position debout/assise

Signe de résurrection/stabilité

Longue robe

Dignité sacerdotale

Ceinture d’or

Dignité royale

Le blanc

La pureté, la joie

Le rouge-sang

Le meurtre

L’écarlate

Le luxe

Le vert

La mort

Trois

Chiffre de la divinité

Quatre

Chiffre de la création

Sept

perfection

Douze

Chiffre d’Israël (ancien et nouveau)

Mille et multiples

Grand nombre, multitude infinie

Dix

Quantité non négligeable

Six

Imperfection/chiffre de l’homme

Trois et demi

Durée imparfaite, temps déterminé

Deux

Quantité suffisante

 

         Voici présentée dans un tableau à deux colonnes, une relecture de la description de l’Agneau immolé (cf Ap 5,1) à partir de ces clés d’interprétation des symboles. La colonne de gauche contient la traduction littérale, celle de droite l’interprétation :

Et je vis

Et je vis

Au milieu du trône

Partageant la divinité du Père

Et des quatre vivants

Dominant toute la création

Et au milieu des vingt-quatre anciens

Et les anges représentant le temps de l’histoire

Un agneau

Jésus, l’agneau de Dieu annoncé par Jean-Baptiste

debout

ressuscité

Comme immolé

Après le sacrifice de la croix

ayant sept cornes                             

Possédant la plénitude de la force

Et sept yeux

Et la plénitude de la connaissance

        

         En lisant ce tableau, on ne peut que rejoindre TROADEC dans sa conclusion et s’écrier : Mais qui ne perçoit la sèche platitude de l’interprétation en comparaison de la richesse évocatrice des images ! Et cette interprétation laisse sûrement perdre quelques enseignements complémentaires contenus dans le symbolisme… 



[i] Voir pour approfondissement TROADEC ; CE 11 ; CORSINI et La Bible et son message 178

Par Abbé Théophile NARE - Publié dans : Théologie - Communauté : l'actualité sans prise de tête
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

  • : Batinmonde
  • batinmusique
  • : Culture Divers Nature Philosophie Pensées Actualité
  • : Un blog spécial. Il offre des informations d'actualité et des informations culturelles: l'Afrique la belle, le Burkina Faso, les Lyèla. Vous y lisez aussi de beaux poèmes et des pensées théologiques et philosophiques. Une petite note aussi sur la musique traditionnelle. Voila ce que c'est que le Monde de Batin.Celui qui voudrait une autre information me contacte au mail: batinmusique@gmail.com
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Libres propos

Chez les Lyèla, le nom de Famille est donné à l'intéressé qui le porte suivant son genre. Autrement dit, si c'est un garçon on met le préfixe "Ba" à son son Nom et si c'est une fille, c'est le préfixe "Kan". En fait, "Ba" vient de "Bal = homme" et "Kan" vient de "Kan = femme". Exemple: Moi je suis un homme mon NOM est BASSOLE et mes soeurs portent le NOM KANSOLE. Je suis "Homme-SOLE" et elles sont "Femmes-SOLE". La grande famille est appelée SOLE ou SOLE-LYI-DWI; et non BASSOLE comme beaucoup le pensent malheureusement au Burkina.

Autres images

Commentaires

Recommander

Créez votre Blog

Rechercher

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés