La Vérité vous rendra libres!

Prière pour mes internautes

Pour vous mes chers amis :


Dieu notre bon Père, je te demande de bénir mes ami(e)s, parents, frères et soeurs, mes collaborateurs et tous ceux et celles qui lisent ceci maintenant.
Montre-leur une nouvelle révélation de ton Amour et de ton Pouvoir. Ainsi
soit-il !

AFRICA

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Théologie

Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /2008 19:01

Homélie (21-02-08)

Messe de fraternité

(Jr 17, 5-10; Lc 16,19-31)

 

            Avec la Saint-Valentin que nous venons de fêter, il y a une image que nous n'avons cessé de voir partout: sur les plaques publicitaires des rues, dans les journaux ou à la télé. Il y a aussi un mot que nous avons souvent entendu à cette occasion à la télé ou à la radio. C'est le cœur. En effet, le symbole du cœur est l'un des plus utilisés de nos jours. En plus de sa représentation imagée pour traduire l'amour et les sentiments doux, on le retrouve de plus en plus dans moult expressions que nous utilisons à longueur de journée: "avoir le cœur gros " "avoir le coeur lourd" "cœur plein de joie" "coeur dur" " cœur serré  etc.

            L'importance physiologique du cœur n'est plus à démontrer. C'est l'organe moteur de l'irrigation sanguine. Mais la célébrité du mot ou de l'image tient moins  à sa fonction physiologique qu'a sa signification symbolique. En effet, il est considéré comme le siège du sentiment. Comme le cerveau secrète la pensée, ainsi le cœur secrète le sentiment. L'amour, la haine, la joie ou la tristesse.

            Mais voici que la Parole de Dieu nous dit aujourd'hui dans le livre d'Isaïe que "le cœur de l'homme est compliqué et malade". En d'autre terme, ce cœur est mauvais. Il est difficile à connaître et à maîtriser. Si YHWH en arrive à se lamenter ainsi du cœur de l'homme, c'est qu'il en a payé le frais avec les fils d'Israël. Que YHWH n'a-t-il pas fait pour le séduire, pour se l'approprier! Prodiges, bienfaits, présence affective. Au moment même où il semble conquérir pour de bon  ce cœur de son peuple, ceux-ci se détournent et mettent leur confiance en des mortels qui ne peuvent les sauver.

            Ce qu'a été le Seigneur hier pour Israël, il l'est pour nous aujourd'hui individuellement et communautairement.  Malheureusement ce qu'a été Israël hier, nous le sommes aussi aujourd'hui. Malgré les faveurs du Seigneur, nous continuons à lui refuser notre confiance. Mais il est urgent en ce temps de carême que nous prenions conscience que notre secours est à jamais dans le seul nom du Seigneur et lui seul mérite notre confiance.

            Remarquons le parallélisme que nous offre le texte entre l'homme qui met sa confiance en un mortel et l'homme qui met sa confiance en Dieu. Mettre sa confiance en un homme ou en autre chose de cette terre, c'est le dessèchement, l'aveuglement, le désert aride. L'homme ne peut reconnaître la grandeur de son existence en dehors de Dieu. Par contre, l'homme qui met sa confiance en Dieu, qui base sa vie sur la relation avec Dieu, ne craint pas la chaleur, ne redoute pas la sécheresse, n'est pas stérile. Son feuillage reste vert, car il est planté au bord des eaux. Le parallélisme antithétique est vous le voyez bien très net.

            YHWH Dieu sait ce qu'il va faire. Il pénétrera ce cœur compliqué et malade. Il en viendra à bout. Il scrutera aussi les reins et ferra tomber la sentence qui convient à chaque cœur selon le fruit qu'il a produit.

            Pour en venir au deux figures de la  parabole de l'Evangile, disons que le mauvais riche à laisser sa richesse endurcir son cœur. Ce cœur n'avait plus d'yeux pour voir le pauvre Lazare à sa porte. On ne voie pourtant bien q'avec le cœur. Mais si votre cœur n'a plus d'yeux, alors quelles ténèbres!

Comme dans la première lecture, il y a dans l'Evangile aussi une opposition catégorique entre Dieu et la chose créée. Ou Dieu, ou les richesses. Pourquoi?

            Premièrement parce que la richesse est précaire. C'est là son moindre défaut, mais un défaut important quand même. Les riches son malheureux. Tout riche est guetté par les inquiétudes constantes du financier.

            Deuxièmement, parce que  la richesse, contrairement à ce qu'on peut penser, diminue gravement l'homme. Elle limite l'homme dans ses relations. Il ne voit plus les autres. Ses yeux et son cœur son fermés. Le prophète Amos n'a-t-il pas reproché aux riches leur désintéressement pour le sort du pays? Dans le luxe, ils ne voit personne, plus rien. Souvenons nous aussi de la parabole du semeur: la semence est tombée dans les épines. Ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse, les plaisirs les étouffent et ils n'arrivent pas à maturité (Lc8, 14). La vraie mutilation de la richesse c'est le manque d'amour. Et cette mutilation là est odieuse.

            La vraie richesse, celle qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue( d'être célébrée pour parler selon notre mot d'ordre), c'est l'amour confiant envers Dieu le Père et l'amour de nos frères qui nous fait partager tout avec eux.

            A Jérusalem pouvons-nous dire que l'amour est notre richesse? Avant que chacun dans la journée ne cherche un temps de méditations pour faire l'inventaire de ses richesses à partager avec ses frères, disons que notre richesse commune est la fraternité. Tout en célébrant la vie, faisons de Jérusalem un cadre, un creuset ou chacun développera un cœur fraternel, un cœur sans frontières. Entre le riche et le pauvre de notre parabole, s'est creusé un fossé. Ce fossé est creusé par l'absence d'amour, le repli sur son confort. L'abîme d'indifférence et de méconnaissance amorce l'abîme de l'au-delà. Puisse ne jamais avoir ce fossé entre nous frères de Jérusalem.

            L'eucharistie est le sacrement qui comble les fossés entre l'homme et Dieu d'une part et entre les hommes entre eux d'autre part. Elle est aussi le ruisseau près duquel nous sommes plantés par notre baptême. Étendons vers son courant nos racines pour pouvoir résister à la chaleur, rester vert et porter du fruit. Puisse-t-elle emplir nos cœurs et nos veines de la vie du Seigneur! AMEN

Par Raoul - Publié dans : Théologie - Communauté : Catholique penseur
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Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /2008 18:59

Exhortation  vêpres solennelles veille au soir du 4ème Dim de carême A

Eph 5,8-14

 

Frères bien aimés ! Après le thème de l’eau méditée le dimanche passé, l’Eglise nous nous propose aujourd’hui le thème de la lumière. Autant que l’eau, la lumière est quelque chose dont tout être vivant ne peut se passer, ici bas sur la terre jusqu’au profondeur des abîmes. Imaginez un peu le monde sans lumière. Tout est couvert de l’enveloppe épaisse des ténèbres. Impossible d’admirer les beautés. Impossible de reconnaître les choses et les êtres. Impossible de se déplacer sans trébucher.  Pas d’activités possibles. Impossible de se défendre contre de quelconques attaques. Sans la lumière c’est l’enfer pour l’homme.

Avec la lumière, tout reprend vie. Avec elle, descendent sur le monde et ses habitants la joie, la clarté. La lumière guide. Elle ambiance. Elle rassure. Elle épanouit. C’est pourquoi elle a une grande place dans le message biblique. Elle est considérée comme le rayonnement de Dieu. Dieu lui-même est la lumière en sa source. Le livre de la genèse nous dit que la lumière est la première chose que Dieu a créée, bien sur après le ciel et la terre. Et cette lumière sera le cadre et le rythme dans lequel tout autre chose sera créée. Nous sommes donc en tant que fils de Dieu, fils de la lumière et faits pour vivre dans la lumière et de la Lumière. Le péché qui est un rejet de Dieu source de la lumière a plongé le monde dans les ténèbres. Mais le Christ, « Lumière née de la Lumière » comme nous le confessons dans le credo, est venu délivré l’homme à jamais de ces ténèbres du péché pour le faire vivre dans la lumière comme il convient à des enfants de Dieu. C’est pourquoi saint Paul dit aux chrétiens d’Ephèse : «Autrefois vous n’étiez que ténèbres, maintenant dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière, vivez comme des fils de la lumière ». En effet, cela est une incongruité terrible que de recevoir le baptême qui inclut l’illumination et continuer  à vivre comme dans les ténèbres. Malheureusement, il y’a beaucoup de fils de lumière qui vivent dans les ténèbres et qui s’y plaisent.

Si vous sortez ce samedi soir, et vous rendez dans certains coins de cette ville vous comprendrez ce que je vous dis là. Ces coins, bien que mal famés ne désemplissent pas. Là-bas, on ne sait pas qui est qui. Il n’y assez de lumière que juste pour voir la cible du péché. ‘’Et ce que ces gens-là font dans les ténèbres, comme le dit l’apôtre, on a honte d’en parler’’.

 Si vous aviez l’occasion de vivre quelques jours dans certains services privés ou publics de ce pays, vous comprendrez également ce que je vous dis là. Là non plus il n’y a d’apparence de lumière que pour tromper l’oeil du contrôleur. Et ce que ces gens-là font dans les ténèbres ont a honte d’en parler.

Des ténèbres couvrent la scène politique, il n’y a de s’emblant de lumière que pour faire croire que l’ont veut le bien de la nation entière mais ce que ces gens-là font dans les ténèbres ont a honte d’en parler.

Dans les organismes internationaux et humanitaires, il n’y a des flash de lumière que pour faire croire à une charité dévouée pourtant ce que ces gens-là font dans les ténèbres ont a honte d’en parler.

Vous pouvez traiter ce point de vue de pessimiste mais c’est la triste réalité que nous osons vous conter là. Saint Paul nous met en garde : « Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon; démasquez les plutôt ». Au Séminaire ici nous pouvons nous venter de n’avoir aucune part à ces activités (encore faudrait-il s’en assurer) mais il ne suffit pas de ne pas y prendre part, il faut les démasquer et c’est là que se trouve la responsabilité de chacun et elle est grave. Il ne s’agit pas là d’une dénonciation agressive. Ce n’est que réalisme chrétien. Si nous sommes vraiment ce que nous sommes, c'est-à-dire lumière, nous saurons discerner clairement. Nous ferons alors apparaître la réalité de ce que sont ces œuvres de ténèbres. Tout dès lors, deviendra lumière. Le chrétien dans le Christ est un illuminateur. Il engendre la lumière. Les lampes et les cierges dans nos églises sont là pour nous le rappeler.

Poussions-nous ne jamais, pour quelque raison que ce soit, cacher notre lumière sous le boisseau. Puissions-nous ne jamais ternir notre éclat. Puissions nous projeter de plus en plus loin notre lumière pour faire reculer le règne des ténèbres.

« O toi qui dors réveille-toi et le Christ t’illuminera. »

 Ab Raoul KONSEIMBO

 

 

 

 

 

 

 

Homélie jeudi de la 4ème semaine de carême ( 6 mars 08 au séminaire)

(Ex 32, 7-14 ; Ps 105, Jn 5, 31-47)

 

Bien chers frères et sœurs !

Les textes d’aujourd’hui m’autorisent à donner une couleur de sermon à mon homélie. Je m’excuse donc auprès de ceux qui se sentirons mal à l’aise. Mais la Parole se présente telle qu’elle à nous.

Le climat est tendu dans les deux textes, vous l’avez certainement remarqué. De part et d’autre ont voie Dieu s’enflammer de colère contre les mortels à cause de leur endurcissement.

            Dans l’évangile, le point de départ de l’emportement de Jésus contre les juifs est la guérison d’un paralytique le jour du sabbat (à preuve, le récit de l’évangile du mardi passé). Les pharisiens en avaient été indignés et s’étaient mis a haïr Jésus et à vouloir le tuer.

Ici, le ton du Discours laisse percevoir que Jésus est déçu, désolé, offusqué par l’attitude des juifs. Malgré tout ce qu’il a fiat pour leur ouvrir les yeux à la vérité, ceux-ci s’enferment et s’obstinent dans leur ignorance. Ils sont aveuglés par la violente haine qu’il porte contre Jésus. Ce qui fait le plus mal à Jésus c’est qu’ils brandissent pour justifier leur endurcissement, ce qui devrait les aider à s’ouvrir au message du Sauveur : les saintes Ecritures.

Cet endurcissement ne surprend certainement pas Jésus. Les juifs sont entrain de faire exactement comme leur pères à l’Horeb. La première lecture nous raconte l’histoire du veau d’or. Dieu est plus que déçu de son peuple Israël. Il en a honte et ne veut même plus avoir aucun rapport avec lui. Ce peuple dont il se ventait pourtant de l’avoir fait sortir d’Egypte ‘’à main puissante et à bras victorieux’’, pour se le consacrer. Il l’attribut maintenant à Moïse : «  Va, descends, ton  peuple s’est perverti, lui que tu as fait monter du pays d’Egypte ». Dieu ne peut comprendre comment après tant d’amour, tant de sollicitudes, tant de peine pour ce peuple, celui-ci le paie en retour de cette grossière ingratitude et ce au moment même où il se prépare à sceller définitivement avec lui son alliance par le don de sa loi écrite de sa propre main. C’en est trop il demande à Moïse de se mettre de côté pour le laisser faire : « Ma colère va s’enflammer contre eux et je vais les engloutir » !

Frères et sœurs ! Ayons crainte de la colère du Tout-Puissant. Aujourd’hui plus que n’importe quelle autre époque, Dieu à des raisons de se mettre en colère contre cette humanité qui se pervertit de mal en pire. On ne s’en fou pas mal de Dieu aujourd’hui. On l’assimile à une chimère, à un produit psychologique de quelques rêveurs. Il y a longtemps que le veau d’or trône au cœur de l’humanité. Pire, les veaux se sont même multipliés et la clameur du peuple monte incessamment vers eux. On se prosterne, on les sacrifie, on les célèbre. Ces veaux d’or sont entre autre : la science, le plaisir, l’argent le pouvoir et j’en passe. Comme les pharisiens l’évangile passe sur eux comme l’eau sur les plumes d’un canard. Pourtant que d’amour celui-ci nous manifeste ! Il a versé tout son sang pour nous racheter, pour que nous puissions vivre dans le bonheur véritable

Cet endurcissement de l’humanité est la somme, la conséquence de nos endurcissements personnels. En effet, individuellement, le Seigneur nous entour d’un amour dont nous ne soupçonnons pas bien souvent toute l’ampleur. Comme sa vigne, il nous creuse tout autour, nous met du fumier, nous arrose et nous apporte tous les soins nécessaires pour que nous portions du fruit. Mais bien souvent c’est en vain.

Mon frère ! Ma sœur ! Ta conversion est devenu une urgence aujourd’hui. Il faut te convertir ici et maintenant, car la colère de Dieu ne pourra plus être retenu pour longtemps. Et cela nous rappelle le titre d’un des ouvrages de Mr Alexandre ZOUNGRANA : « Ne frappe pas Seigneur ! »

Alors le Seigneur frappera t-il ou ne frappera t-il pas ? Personnellement je crois que non. Du moins pas pour tout de suite. Il nous laisse le temps de nous convertir. Ce temps de carême est on ne peu plus favorable pour cette conversion. Ne remets pas cette conversion à demain si non tu trouveras malheur en chemin.

L’Eucharistie est l’occasion de cette conversion tant espérée. Jetons-nous donc en elle avec confiance. Elle sera notre refuge contre le saint courroux de Dieu. Grâce à elle le Seigneur renonce toujours au châtiment dont nous méritons et nous aime de plus belle. Car il y a là bien plus que Moïse.

« Réveille-toi et le Christ t’illuminera. »

 

Ab Raoul KONSEIMBO

 

Par Raoul - Publié dans : Théologie - Communauté : Catholique penseur
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /2008 18:55

4ème dimanche de Pâques

Dimanche du Bon Pasteur, journée mondiale des vocations.

Textes : Ac 2, 14...41 ; 1 P 2, 20-23 ; Jn 10, 1-10.

Paroisse St Pierre de Gounghin

Homélie.

            « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. »(Jn10, 10).

            Frères et sœurs, en considérant cette finale de l’évangile, je voudrais vous poser une question banale. Est-ce que je peux ? Ma question la voici : selon vous, qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que la vie ? Pendant que vous réfléchissez, je vous donne ma réponse. J’ai lu quelque part que « la vie est l’ensemble de tout ce qui arrive. » Mais n’allez pas me demander qu’est-ce qui arrive, car vous savez ce qui arrive. Il arrive qu’on naisse, il arrive qu’on meure ; il arrive qu’on donne la vie, il arrive qu’on la ôte. Il arrive des peines, des misères, de tristesses et des joies ; il arrive qu’on soit heureux et il arrive qu’on soit malheureux. Il arrive des succès mais aussi des échecs ; il arrive du bien, il arrive aussi du mal; il arrive des fidélités, mais il arrive aussi des déceptions et des trahisons. Il arrive que des hommes et des femmes se marient, il arrive que d’autres ne le fassent pas. Il arrive que la vie soit belle, mais il arrive qu’elle soit aussi difficile et dure. Il arrive même que la vie soit chère et qu’on marche contre cette vie chère là. Il arrive qu’on comprenne ce qui nous arrive, il arrive qu’on ne comprenne pas ce qui nous arrive. Oui, il arrive, il arrive, il arrive ; tout arrive ou du moins tout peut arriver. C’est la vie ! Et on vit. C’est comme ça ! Mais il faut remarquer que dans tout ça, la vie est au cœur de la vie. Et quelque soit ce qui arrive, on peut dire que les hommes aiment la vie pace qu’ils font tout pour perdurer dans leur être, pour conserver leur vie, pour améliorer la qualité de leur vie, pour améliorer leur standing de vie. Il arrive même qu’on qualifie certains de viveurs parce qu’ils ne manquent pas l’occasion de jouir de l’existence, de faire le malin, ils vivent en live, à fond. Tous les hommes aspirent en tout cas à une certaine vie, à vivre bien et mieux.

            Aujourd’hui, dimanche du Bon Pasteur, journée mondiale des vocations, Jésus nous dit qu’il est venu pour que les hommes aient a vie et pour qu’ils l’aient en abondance. Est-ce à dire qu’il n’y avait pas de vie avant lui ? Non bien sûr. Si Jésus dit qu’il est venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance, il ne s’agit pas de cette vie biologique, mais de la vie de Dieu qui est vie de l’Esprit Saint que Dieu nous communique par Jésus. Car la vraie vie, celle qui est irréductible est spirituelle. Jésus est venu aussi pour que les hommes aient la vie c’est-à-dire pour leur montrer, en leur donnant l’exemple, une nouvelle manière de vivre qui soit conforme à ce qu’ils sont : image de Dieu. Et comme d’habitude, Jésus procède par parabole. Il emploie la parabole que nous venons d’écouter, mais ses auditeurs n’ont rien compris. Il n’ont pas compris que tout l’art d’une parabole consiste à mettre en valeur dans le quotidien, non pas l’évident, l’habituel, l’attendu, mais l’énigmatique, l’insolite, l’exceptionnel, l’extravagant. La parabole veut surprendre, étonner, déconcerter, piquer la curiosité et pousser à chercher plus loin. Pour le présent de l’auditeur, la parabole devient donc langage novateur : « langage d’un possible changement.» Après une parabole notre monde n’est plus tout à fait le même ni tout à fait un autre. Quelque chose doit changer, c’est ce que réclame la parabole que Jésus a employée aujourd’hui. Dans cette parabole dite du Bon Pasteur, Jésus développe deux thèmes importants : celui de la porte et celui de la voix. Pour entrer dans le Royaume- c’est pour cela que nous sommes là- pour entrer dans le Royaume, c’est-à-dire dans la vie bienheureuse, il faut accepter d’entendre l’appel et d’entrer ; or il n’y a qu’une porte : Jésus. Jésus est le passage obligé. « Je suis la porte des brebis » dit-Il (la porte c’est Jésus, les brebis ce sont les hommes, c’est nous). Et Jésus le dit aussi : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6). Il est la vie, et le chemin qui y conduit. Il est le Vrai Berger, le Bon Pasteur qui conduit à la vraie vie.

            On parle beaucoup souvent des sectes et leurs dirigeants qui sont des manipulateurs et des escrocs. Ce sont ces gens que Jésus traite de voleurs et de bandits. Remarquons que si les sectes (telles la Rose Croix, la Franc maçonnerie et beaucoup d’autres sectes chrétiennes et occultes...) ont des adeptes, c’est parce que les hommes et les femmes sont en pleine recherche ou en plein désarroi spirituel ou psychologique...ou en recherche de spiritualité qui gère le côté émotionnel qui est en eux. Ils sont donc facilement manipulables. Faisons donc attention pour ne pas nous laisser avoir ou manipuler. L’auteur des Actes des Apôtres vient de nous interpeller : « détournez-vous de cette génération égarée, et vous serez sauvés » (Ac2, 40). Il y a certes, en nous aussi chrétiens, un certain bouillonnement spirituel conduisant à une recherche spirituelle, mais notre particularité doit être manifeste. En effet, constatant le vide, la futilité, la superficialité des manières de vivre, nous avons à chercher une spiritualité authentique, nous devons faire une démarche d’intériorité qui donne sens à notre vie, à la vie. Nous croyons que l’Esprit Saint est au plus intime de nous-mêmes. Et nous croyons qu’il nous conduit dans cette intériorité où nous pouvons rencontrer Jésus et le suivre, car nous croyons que Jésus est le vrai Berger ; par sa vie, il nous a dévoilé l’amour du Père en mourant pour nous. Par ses faits et gestes (les miracles de guérison, la résurrection de Lazare), il a montré que Dieu est source de vie. Par sa résurrection il indique le sens de notre vie. Jésus est la porte qui ouvre sur la vie. Porte ouverte sur la vie, il nous invite à le suivre. Il nous invite, il ne nous impose pas. Dieu le Père nous a donné Jésus pour ouvrir la voie à la vie. Maintenant Dieu nous appelle à continuer sur le chemin car le monde a besoin de nous pour vivre sa pleine vie de créature. C’est dans ce sens que nous pouvons en partie comprendre la célébration de la journée mondiale des vocations (vocations sacerdotales, religieuse, de vies consacrées, de catéchistes, bien entendu). Toutefois nous pouvons dire que la vocation est avant tout un appel à donner la vie, un appel à donner Dieu aux hommes.

            En effet tout homme a vocation de donner la vie. Donner la vie, ce n’est seulement donner naissance biologiquement, c’est aussi permettre de vivre, aider à vivre. S’il en est ainsi, nous devons aujourd’hui, féliciter et encourager tous ceux qui oeuvrent et luttent pour sauver la vie, pour protéger la vie et pour que la vie soit respectée. Prions pour les agents de santé qui sauvent les vies, pour toutes ces femmes qui meurent en donnant la vie ; pour toutes les personnes de bonnes volonté qui oeuvrent pour le respect du droit à la vie et pour que les hommes puissent avoir des conditions de vie qui respectent leur dignité. Bref, prions pour ceux qui acceptent donner la vie, et pour ceux qui prônent la culture de la vie. Malheureusement devant ceux qui sauvent, respectent et protègent la vie, il arrivent que la vie soit bafouée, banalisée, moquée et tuée, à travers les avortements, l’euthanasie, la peine capitale, les tortures, les brimades et autres choses du même acabit. Prions pour la conversion de ceux qui le font et pour notre propre conversion. Donner la vie, c’est aider à vivre, c’est permettre à l’autre de vivre, surtout quand on a à conduire les hommes. Et le monde a besoin d’hommes et de femmes pour le diriger. Depuis toujours des hommes ont été à la tête des autres pour les conduire, les diriger. Qu’on pense à ces leaders charismatiques comme Mahatma Gandhi, Martin L. King, Ernesto GUEVARA, et plus près de nous Thomas SANKARA... L’une ou l’autre de ces figures comme beaucoup de dirigeants ou gouvernants actuels des peuples ont essayé ou essaient de conduire les hommes. Ils ont réussi ou ils réussissent plus ou moins. Mais toujours est-il que si les hommes ne sont pas conduits selon l’Esprit du Christ et à sa manière, il se posera toujours un problème. Ce qui revient à dire que si les hommes ne sont pas conduits avec l’esprit et l’intention de leur donner la vie c’est-à-dire, leur permettre de vivre, de gagner leur vie, de bien vivre et de mieux vivre, ce n’est pas la peine de vouloir les conduire. Le Christ nous invite aujourd’hui à être de bons bergers. Le berger est celui qui guide, qui conduit. Jésus nous invite à être donc de bons bergers pour nos familles, nos associations, nos C.C.B, nos partis politiques ; nos sociétés et nos peuples; à être de bons bergers, dans nos directions et service, dans nos responsabilités de chef syndical ou d’entreprise, de chef d’association ou de mouvement d’action catholique... Mais avant tout, chacun doit d’abord être un guide pour lui-même, car celui qui ne peut pas se conduire ne peut pas conduire les autres. Comprenons cela dans le sens que chacun de nous doit laisser d’abord Jésus le conduire de l’intérieur par l’écoute de sa Parole et de son Esprit Saint qui habite en nous. Jésus nous invite à avoir son esprit, un esprit chrétien dans la conduite de nous-mêmes et des autres pour ne pas nous voler nous-mêmes et nous nuire à nous-même, et pour ne être pour les autres des voleurs et des bandits.

            Enfin, la vocation est un appel à donner Dieu aux hommes. Aujourd’hui le monde à besoin d’hommes et de femmes qui s’engagent à la suite de Jésus pour continuer son œuvre...Besoin d’hommes et de femmes qui par leur parole, l’engagement de soi et par les sacrements célébrés, continuent de donner Jésus, de donner Dieu au monde. Pour cela on pense en cette journée mondiale des vocations aux prêtres, religieux, religieuses, catéchistes et tous ceux qui assurent un service d’Eglise. Au milieu d’un monde en perte de repère, et même du sens de Dieu, ils doivent montrer où est Dieu, l’indiquer, le donner, le proposer. Prions pour eux, et prions pour qu’au sein de l’Eglise germent et naissent encore et toujours de nombreuses et saintes vocations sacerdotales, religieuses, de catéchistes et de vie consacrée. Encourageons donc les jeunes en état de vocation, soutenons-les et prions pour eux. Surtout, priez pour vos Evêques et vos prêtres qui sont nos premiers pasteurs afin qu’ils puissent conduire à Dieu, à la vie, ceux dont ils ont la charge. Les prêtres sont indispensables dans la vie. Car ils donnent la vie aux hommes en leur donnant le Christ dans le pain eucharistique : et « si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, dit Jésus, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » (Jn 6, 51). La grande théologienne Madeleine Delbrêl a dit ceci de très significatif ; elle dit que « l’absence d’un prêtre est dans une vie une détresse sans nom. Le plus grand cadeau qu’on puisse faire, la plus grande charité qu’on puisse apporter c’est un prêtre...L’absence d’un prêtre dans une vie, c’est une misère sans nom, c’est la seule misère." Puissions-nous ne jamais oublier que les prêtres sont un cadeau, une charité de Dieu pour les hommes. Ils nous conduisent à Dieu en nous permettant de prendre part à sa vie.

            Frères et sœurs, je conclue en vous reposant la question : qu’est-ce que la vie ? La vie est l’ensemble de tout ce qui arrive ; oui, mais non ! La vraie vie n’est pas d’abord l’ensemble de tout ce qui arrive, mais celle que Dieu nous donne, et ce que nous faisons arriver par notre manière d’accueillir cette vie. C’est pourquoi, nous devons travailler pour qu’il arrive le bien, travailler pour donner un sens chrétien à tout ce qui arrive ; et œuvrer, comme le Christ nous invitent aujourd’hui, pour que vive la vie, pour que les hommes aient, et partagent la vie de Dieu ; qu’ils vivent de la vie de Dieu. Jésus est venu pour que nous ayons cette vie et que nous l’ayons en abondance, c’est-à-dire pour que nous soyons imprégnés de la vie de Dieu, que nous soyons remplis de Dieu. C’est cela la vie : vivre de Dieu, vivre selon son Esprit. Nous sommes donc appelés par Dieu à vivre vraiment comme ses enfants, à donner la vie et à conduire les autres à sa vie. Que cette eucharistie nous rende attentifs à Jésus qui vient nous donner la vie en abondance. Et que Dieu Lui-même nous accueille au soir de notre vie dans sa vie bienheureuse et éternelle; à Lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

 

Abbé Cyprien OUEDRAOGO, Diacre

Par Cyprien - Publié dans : Théologie - Communauté : Catholique penseur
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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /2008 18:57

Homélie : 6ème dimanche de Pâques année A

Ac 8,5-8.14-17 ; 1P 3, 15-18 ; Jn 14,15-21

DASSASGHO

Frères et sœurs bien aimés du Christ !

Une petite histoire pour commencer.

Un jour le lion réunit tous les animaux et voulut savoir lequel d’entre eux était le cavalier le plus rapide. Une grande course eut lieu. L’hirondelle (silaallé) surpassa de loin tous les concurrents. Le lion la félicita et lui décerna le titre de meilleur cavalier du royaume.

Au milieu de cette brillante assistance, le lièvre n’hésita pas à affirmer que le silaallé était son fils. On le félicita des magnifiques aptitudes de cet enfant. Quelque temps plus tard, le silaallé s’exerçait à faire de petites courses rapides (5 km vers Bendgo, 5 km vers la Pédiatrie, 5 Km vers le centre ville, 5 km vers Kossodo) lorsque son cheval se trouva nez à nez avec un animal et ses deux petits. Le choc ne put être évité. L’un des petits fut tué. Le silaallé s’aperçut qu’il venait de rencontrer une lionne avec ses deux lionceaux.

Lorsqu’il apprit l’accident, le lion se mit en colère et lança une dizaine d’animaux à la recherche du silaallé. Les poursuivants ne parvinrent pas à saisir le coupable dont la vitesse était supérieure à la leur. Il faisait en outre de brusques virevoltes très dangereuses pour les cavaliers lancés derrière lui à grande vitesse. Certains d’entre eux se renversèrent dans les fossés, d’autres heurtèrent des arbres et des barrières. Il eut des morts et des blessés. 50, puis 100 animaux lancés aux trousses du silaallé n’obtinrent pas de résultats. Les animaux vinrent trouver le lion et lui conseillèrent d’inviter le père de silaallé de donner l’ordre à son fils de se présenter à la cour.

Le lièvre fut convoqué et se présenta. On lui rappela la responsabilité familiale qui pesait sur lui et il fut invité à user de son autorité pour que le fugitif répondît à la convocation du lion. « Que me dites vous là ? – dit le lièvre. Comment le silaallé pourrai-il être mon fils ? Ne voyez-vous pas que j’ai quatre pattes et porte des poils alors que le silaallé a deux ailes et porte des plumes ? Il ne peut exister aucun lien de parenté entre nous. »

On dut se rendre à l’évidence le lièvre rentra chez lui et l’hirondelle parcourt encore le monde à tire-d’aile.

 

Frères et sœurs la nuit de Pâques, j’ai assisté avec beaucoup d’entre vous à une très belle nuit baptismale. Nous avons alors dansé, dansé et dansé encore à nous casser les reins. Nous avons acclamé, acclamé, acclamé à nous pourfendre les mandibules. Nous étions tous alors fier d’être chrétiens racheté par le christ, le Gandaogo universel qui n’en était pas seulement à son 40ème anniversaire de carrière, mais à une carrière de toute éternité. Il a ouvert le tombeau d’un coup de pousse après avoir pourfendu la mort à mort. A nous la vie pour toujours. Et ils étaient là, ces deux centaines de baptisés, les uns étaient beaux et les autres belles. Très beaux, très belles. Ce n’était pas les têtes bien coiffées qui les rendaient beaux ni les fourings bien attachés. Ce n’était pas non plus les cheveux synthétiques artistiquement déposés sur les têtes qui les rendaient belles ni les robes aux dentelles extravagantes encore moins les ballerines à tallons fins comme des aiguilles. Non ! Leur beauté venait de l’intérieure. Leur beauté c’était la grâce du christ reçu par le sacrement. Il semble que le jour de la pentecôte, Jésus aura encore une foule de nouveaux disciples et il y’aura un véritable ‘’Fespaco’’ à travers la ville de Ouagadougou.

Frères et sœurs tout cela est beau n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas facile. Une chose est d’incliner la tête pour recevoir le baptême et une autre est de vivre la vie du baptisé. Jésus nous dit dans l’Evangile d’aujourd’hui. « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Chers confrères chrétiens et chrétiennes, la souffrance de la persécution sous une forme ou sous une autre fait partie intégrante de la vie du baptisé. Parce que la parole de Jésus dérange, la vie selon les commandements de Jésus dérange beaucoup. Si vous n’avez pas encore subit la persécution, sachez que vous ne vivez pas assez votre foi. La vie de l’Eglise, la vie du chrétien est une vie qui choque.

La première lecture nous montre comment hier, aux débuts de l’Eglise, les chrétiens vivant intensément leur foi ont subit une persécution violente de la part des autorités juives. Mais Dieu écrivant droit sur des lignes courbes comme le chante Noël COLOMBIER, cette persécution va favoriser l’expansion de la bonne nouvelle. Le Diacre Philippe, fuyant la haine des juifs arrivent dans une ville samaritaine et se met à annoncer le Christ mort et ressuscité aux samaritains. Ce fut la première foi que le Christ est annoncé sur une terre étrangère. Cette annonce est accompagnée de signes merveilleux : les possédés étaient délivrés, les paralysés marchaient, les aveugles voyaient, les grands malades guérissaient. Des foules entières crurent au Christ et reçurent le baptême. Ce fut la liesse alors dans toute la ville ; et cette joie atteindra son comble quand l’esprit saint s’empara d’eux à travers l’imposition des mains des apôtres Pierre et Jean venus spécialement de Jérusalem pour leur donner la confirmation. C’était tout comme nous le jour de Pâques. Mais après la fête, ce n’est pas la défaite, mais c’est tout comme. Le Diable va diriger sa fourche aigue contre ces nouveaux baptisés que le Christ vient de lui arracher. Et c’est là que beaucoup d’entre nous diront comme le Lièvre de notre histoire du début, qu’il n’ont rien a avoir avec le Christ ni avec se qui se font appeler chrétiens.

Oui la persécution peut engendrer la crainte. Elle peut nous mettre la trouille dans les boyaux. Mais saint Pierre nous encourage dans la seconde lecture à ne craindre dans notre cœur que le Seigneur seul. Il est plus que vrai qu’en tant que chrétiens nous sommes exposés au jugement de l’opinion publique, aux jugements de nos proches, de nos supérieurs. Mais tenons bon. Nous avons à rendre compte de notre espérance et rien au monde ne devrait nous faire fléchir. J’entends certains me dire : il parles de persécution là, nous on n’est pas persécuté ! Nous on vient tranquillement à notre messe, personne ne nous dérange. Même ceux qui ne croient pas là nous souhaitent bon dimanche. Où est la persécution ? Bien sûr que cette grâce de la persécution ne s’obtient qu’en étant bon chrétien, saint chrétien et pas seulement baptisé et consommateur de communion. Il y a effectivement de chrétiens qui après avoir quitté l’Eglise d’où il viennent de recevoir le baptême ou de communier, sont prêts à égorger la première poule qu’il rencontre, à M-Ma-a-Tenga ou à d’autres fétiches. Il y a des chrétiens qui après avoir quitté l’église drague la première dame qu’ils rencontrent. Il y a des chrétiennes qui après avoir quitté l’église tombent dans les bras du premier homme qu’elles rencontrent. Ils des Chrétiens qui après avoir quitté l’église, détournent les premiers millions qui vont s’hasarder dans leur bureau. Etc. pensez vous que c’est ainsi que l’on rencontre la persécution ? Puisque vous faites toujours comme tout le monde.

L’Eglise et les chrétiens sont et seront toujours victimes de la calomnie, de la méprise, des attaques du monde. Si tu n’en souffres pas, revoies la manière de vivre ton baptême. De deux choses l’une. Ou bien tu as t’en fou du Christ et de ses commandements ou bien tu fais partie de ceux qui attaque lâchement l’Eglise dans le dos. Mais si tu frappes l’Eglise dans son dos, le Christ va te taper dans ton ventre.

Quelques exemples où les prises de position du chrétien inspirées cependant par l’Evangile lui a toujours attiré les foudres du monde : le chrétien dit : faites attention au préservatif. Outre qu’il ne vous protège pas à 100% contre les MST, il déshumanise l’homme. Le monde et le mauvais chrétien le traite d’assassin et de dépassée. Et pourtant ça fait bien longtemps que le préservatif se distribue comme de petits bonbons et s’achète comme du petit pain. La jeunesse se pervertie avec la bénédiction de ceux qui prétendent luter contre le Sida. Et le fatal mal continue sa chevauché. Ça devrait quand même faire réfléchir un tout petit peu et changer de stratégie de lutte. Mais on ne peut pas réveiller quelqu’un qui ne dors pas.

Le chrétien dit encore arrêter l’avortement sous toutes ses formes. C’est un homicide. C’est un crime crapuleux contre de pauvres innocents qui n’ont pas demandé à être conçu. Le monde et le mauvais chrétien parlent du droit de la femme à l’avortement (cf. le protocole de Maputo dont notre pays est signataire). Et on assiste alors à de véritable charcuterie dans nos hôpitaux. Et cette hécatombe ne choque personne. C’est la position et le comportement du chrétiens qui choquent plutôt.

Le chrétien dit aussi : dans le service de la Nation, il faut respecter le Bien-commun. Le monde et avec lui le mauvais chrétien rétorquent : l’Etat c’est comme de la viande d’éléphant, celui qui a un couteau bien tranchant peut s’en tailler un morceau. Conséquence : la vie chère devient irrémédiable. Beaucoup ne se sont pas effectivement amusés dans la taillade et la nation s’est appauvrit au profit de ceux qui ont de bon couteaux.

Bons chrétiens dans ce monde perverti ! On peut vous envoyer des flèches empoisonnées. Mais ne trahissez jamais le Christ. Nous ne pouvons pas ne pas rendre compte de l’espérance qui est en nous. Dans tout les cas, l’apôtre nous dit qu’il « vaut mieux souffrir pour avoir fait le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt que pour avoir fait le mal ». Les mossi disent qu’il « vaut mieux dire la vérité sous peine de dormir à jeun que de mentir et manger ».

Si cette vie du chrétien dans le monde n’est pas facile nous ne devons pas pour autant nous affoler. Le bon Dieu ne charge jamais un fardeau à quelqu’un sans lui donner au préalable la force nécessaire pour le porter. Christ nous promet un défenseur, un paraclet. Parlons plutôt d’avocat pour que nos mentalités de 21ème siècle puissent s’en faire facilement une idée. Parlant d’avocat, je vois déjà des gens qui avalent leur salive. Mais précisons qu’il ne s’agit de l’avocat qui accompagne votre assiette, mais de l’avocat qui vous accompagne au palais de justice. Vous savez tous la préciosité d’un avocat dans notre système judiciaire aujourd’hui. Cela fait que c’est souvent cher de s’en payer un. Les pauvres gens n’en ont pas souvent accès. L’Esprit saint est un avocat gratuit que Jésus nous envoie pour nous défendre contre toutes les situations. Quelque difficile qu’il soit, l’Esprit Saint ne rate jamais le procès de ses clients. Demeurons seulement dans l’amour de Jésus.

Esprit Créateur ! Envoie ton feu sur les chrétiens amorphes et tièdes par peur de s’opposer au monde. Secoue-nous un peu pour que nous témoignions de Jésus en tout lieu. Ainsi nous correspondrons davantage aux sacrements de ton amour. Toi qui vis et règne avec le Père et le Fils pour des siècles des siècles  Amen !

 

 

 

26 avril 2008

Ab Raoul KONSEIBO

Grand séminaire St Jean de Wayalgê

 

Par Raoul - Publié dans : Théologie - Communauté : Catholique penseur
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Vendredi 18 juillet 2008 5 18 /07 /2008 18:54

Homélie 3ème dim de carême A

Dassasgho

(Ex 17, 3-7, Ps 94, Rm 5, 1-2.5-8, Jn 4, 5-42)

 

 

            Chers frères et sœurs!

            L'eau est devenue aujourd'hui un problème crucial dans le monde. D'après le rapport mondial sur le développement humain 2006, le manque d'eau et l'eau inssalubre menace bien plus la sécurité humaine que les conflits armées. En Afrique, seulement 62°/° de la population a accès à l'eau potable. Pendant qu'un citoyen américain ou britannique envoie quotidiennement 50 litres d'eau dans les égouts rien qu'en tirant la chasse d'eau, de nombreuses personne démunies survivent ailleurs dans le monde avec moins de 5 litres d'eau polluée de surcroît par jour alors que pour vivre décemment, il faut au moins 20 litres d'eau potable par jour.

            A Ouaga ici, le cauchemar des longues et interminables files devant les fontaines d'eau est un souvenir toujours frais dans nos mémoires. Des gens ont veillés, des enfants ont perdus des journées de scolarité, des adultes des journées de travail. Des paroles méchantes, des coups de poings se sont échangés autour des fontaines de nos cartiers pour pouvoir obtenir qui un bidon qui une barruque d'eau.

            Cette situation que nous avons vécue et que nous continuons de vivre par moment et dans certaines localités de la ville ou du pays nous favorise la compréhension de la Parole de Dieu de ce jour. Jésus affirme: "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive… de son cœur jailliront des fleuves d'eau vive".

            Cette affirmation de Jésus est claire et indiscutable. L'eau vive qui se transforme en source jaillissante est ici l'image de l'Esprit Saint. Cet esprit qui donne la vie éternelle est en Jésus Christ comme une source intarissable et c'est par Lui seul que nous pouvons l'avoir. Baptisés en cet Esprit, nous avons en nous cette eau vive. St Paul dans la seconde lecture nous expose cette certitude. L'amour de Dieu qui a été rependu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné nous plonge dans une espérance qui ne trompe pas. Celle d'avoir part à la gloire de Dieu.

            Si au fond de nous même nous nous posons la question, sans complaisance nous verrons que nous ressemblons plutôt au peuple d'Israël dans le désert. Oui, le monde d'aujourd'hui est assoiffé de vie, de bonheur, de certitude. Pour étancher cette soif, il court partout et creuse au hasard, certains dans l'alcool d'autre dans le manger et les plaisirs de la chair, d'autres encor dans la richesse et d'autres enfin dans le luxe et le pouvoir, le "naam" comme on le dit. Mais ça fait bien longtemps qu'ils y courent et ils continuent d'y courir comme d'éternels insatiables. Mais voici que le Seigneur dit dans le livre du prophète Jérémie: "Oui il est double, le méfait commis par mon peuple, il m'abandonnent, moi, la source d'eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l'eau"(Jr 2,13). Ces puits auxquels se fient nous et nos contemporains sont de puits qui ne retiennent pas l'eau. Ce sont de mirages qui nous nous attirent pour ensuite nous décevoir. Malgré l'eau du baptême qui a coulée sur nous, notre attitude n'est pas loin de celle du commun des mortels. Une découverte ou une redécouverte de la personne même de Jésus s'averre nécessaire pour bénéficier de son eau vive. Pour ce faire laissons-nous conduire dans le même itinéraire que la samaritaine.

            Comme la samaritaine, avant même que nous découvrions notre état piteux d'assoiffés, le Christ nous devance et prend l'initiative de nous le faire ressentir afin de pouvoir nous abreuver. Nous le voyons, c'est lui qui engage le Dialogue avec la femme. Il commence par demander quelque chose. L'échange qui suit veut amener la femme à se poser des questions: "Si tu savais…", à soupçonner la valeur symbolique de ce qu'elle voit et entend. Il ne s'agace pas des méprises racistes de la femme. Il l'amène petit à petit à se mettre en vérité et en humilité, en état de désir et à poursuivre la recherche avec d'autres: "va chercher ton mari" lui dit-il. Comme avec la samaritaine Jésus accepte de nous suivre dans nos questions à nous sur la religion et le culte et c'est dans ce cheminement qu'il se donnera à connaître:" Moi qui te parle, je le suis".

            La foi de la samaritaine s'exprime par une rupture avec son activité (elle laisse sa cruche) pour à la fois porter un témoignage (timide) et s'encourager à la foi, "venez donc voir…Ne serait-il pas le Christ"? Oui la découverte de Jésus nous met toujours en mouvement de témoignage et c'est dans ce témoignage que nous raffermirons nous même notre foi. L'eau vive que la samaritaine vient de découvrir, elle ne peut la boire seule. Les samaritains sont sortis massivement. Il y a de quoi desaltérer toute la ville. Si vous vous êtes abonné à l'eau de Ziga, songez aussi à vous abonner à Jésus. L'abonnement est  gratuit. Il est la source d'eau vive que nous pouvons, à l'instar de la samaritaine découvrir au hasard de nos rencontres. Mais cette découverte n'est jamais une conquête définitive. La découverte de jésus nous donne la soif, le désir de le connaître davantage. Le Psaume dit:" Mon âme a soif du Dieu vivant". Cette soif doit être l'état d'âme de chaque Chrétien. Cet soif est déjà une béatitude pour l'âme:" Heureux les assoiffés de justice". Nous sommes à la fois au désert et dans la terre promise. C'est le paradoxe du "déjà là" et du "pas encore". Le temps de la foi, vraie communion avec Dieu, et le temps de l'Espérance, dans l'attente de la rencontre.

            Le temps de carême est le moment propice pour creuser en nous le désir de l'eau vive. Dans la nuit pascale, cette eau coulera. Sur la croix, Jésus criait sa soif, mais de son cœur transpercé l'eau vive a jailli.

            A travers la sainte Eucharistie, cette eau vive coulera de l'autel à nos cœurs respectifs. Ouvrons les largement pour qu'elle arrose nos dessèchements, qu'elle féconde nos aridités et qu'elle ramollisse nos craquellements. Que la grâce de Dieu nous y aide! AMEN!!!

Ab Raoul KONSEIMBO

Grand Séminaire St Jean-Baptiste

 

Par Raoul - Publié dans : Théologie - Communauté : LES COPAINS D'ABORD
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